William ASSANVO
Au
moment où le rapport d'Amnesty international 2007 sur la situation des droits de
l'Homme dans le monde, publié le 23 mai 2007, dresse un tableau peu
reluisant de la situation des droits de l'Homme au Soudan et particulièrement au Darfour, situation caractérisée par
des viols, homicides, déplacements forcés de populations, actes de torture,
attaques de convois humanitaires, etc. (1) ; au moment encore
où un rapport du Haut Commissariat des Nations
Unies pour les Droits de l'Homme sur la situation des droits de
l'Homme au Soudan, rendu public le vendredi 18 mai 2007, épingle également ce
pays pour des exactions contre les populations civiles au Darfour qui ont
continué entre les mois de janvier et mars de cette année ; au moment, enfin,
où un rapport d'Amnesty
International, publié le 9 mai dernier, a révélé, ce qui
n'était alors qu'un secret de polichinelle (2), les violations
de l'embargo sur les armes (3) à destination des groupes armés non
gouvernementaux au Darfour imposé par les Nations Unies en juillet 2004 par la
résolution 1556 du Conseil de sécurité, violations qui entretiendraient la poursuite
des violations des droits humains dans cette région ; bref, au moment où la
question du Darfour reste plus que jamais d'actualité, il ne serait pas
inopportun de revenir sur cette situation, avec en toile de fond la
conférence organisée le 10 mai 2007 à l'Institut de Hautes Études Internationales de Genève
(Suisse) et animée par Gérard Prunier, spécialiste de l'Afrique de l'Est et
auteur de nombreux ouvrages et articles sur cette région, dont le plus récent,
intitulé Le Darfour, un génocide ambigu (Éditions de la
Table Ronde, Paris, 2005), traite largement du conflit au Darfour.