Irving LEWIS
Face à l’insuffisance de la non-prolifération préventive, les États-Unis ont
défini le concept de contre-prolifération fait de « politiques coercitives
qui reposent sur l’identification des entités, États ou réseaux, dangereux, et
visant à leur imposer des mesures de contrainte pour éliminer leur dangerosité,
éventuellement par la force armée » : « nous savons d’expérience que
nous ne pouvons pas toujours réussir à empêcher et contenir la prolifération
d’armes de destruction massive (ADM) à destination États hostiles et de
terroristes. En conséquence, l’armée des États-Unis et les agences civiles
concernées doivent posséder l’ensemble des capacités opérationnelles destinées
à contrer l’emploi et la menace d’emploi » de ces armes, annonce la
National Strategy to Combat Weapons of Mass Destruction (Stratégie nationale de
lutte contre les armes de destruction massive) définie par la Maison-Blanche en
décembre 2002 . En effet, Washington qui s’estime particulièrement visé par ces
proliférateurs, entend disposer face à eux « d’un droit de recours
inconditionné à la force armée » préconisé par la National Security
Strategy de 2002 (Stratégie de sécurité nationale) et reconfirmé par sa version
revisitée de 2006. Les États-Unis entendent ainsi lutter contre ceux qui
recherchent les ADM, les possèdent et envisagent de les utiliser contre
l’Amérique ou ses alliés. En fait, il s’agit pour Washington d’agir en amont
pour empêcher une prolifération de se produire. L’accent est mis sur l’action
plutôt que la réaction face à la nucléarisation d’un État.