Abbas JABER
Encore une fois, le Liban est à la une de l’actualité, un nouvel attentat
ayant secoué ce pays du Proche-orient le 12 décembre. La scène semble banale,
mais la cible de cet acte criminel n’est pas habituelle. Il s’agit du chef des
opérations de l’armée libanaise, le brigadier général François El-Hajj, qui
avait dirigé l’été dernier l’assaut contre les terroristes d’Al-Qaïda, Fateh
el-Islam, retranchés dans le camp de réfugiés palestiniens Naher El-bared (Nord
du Liban). Mais au-delà de la cible même de l’attentat, c’est le pays de Cèdre
tout entier qui semble être visé. Ce crime odieux intervient après des mois de
négociations ayant plongé le Liban dans une profonde crise politique. Il
intervient après que les différents partis politiques se soient mis d’accord
sur la candidature de l’état-major de l’armée, Michel Sleimane, au poste de
Président de la République, dont la victime était très proche. Soutenu par
l’opposition, le brigadier général El-Hajj représentait la personne idéale pour
remplacer l’actuel chef de l’armée. En supprimant le « futur chef de
l’armée », les auteurs et leurs commanditaires ont sans douté visé le maillon
le plus essentiel du processus en cours pour la présidentielle.