ACTU : La communauté internationale s'engage sur la sécurité nucléaire
Par Multipol le jeudi 15 avril 2010, 09:09 - Sécurité internationale et défense - Lien permanent
Catherine MAIA
Les 47 participants au sommet nucléaire de Washington se sont engagés, le 13 avril, à parvenir en quatre ans à une sécurisation des matériaux fissiles courant le risque d'être détournés par des terroristes, après un appel à l'action du président américain Barack Obama. La déclaration finale du sommet fait de ce risque "l'une des menaces les plus redoutables" pour le monde. Pour pérenniser cette action de sécurisation, les Etats-Unis et le Canada ont appelé à la création d'un fonds de 10 milliards de dollars.
Quelques heures auparavant, en ouvrant la deuxième et dernière journée de ce sommet réuni sous ses auspices, M. Obama avait pressé ses invités de passer à l'action pour effectuer "de vrais progrès pour la sécurité de nos concitoyens". "Le risque d'un affrontement nucléaire entre des pays a diminué, mais le risque d'une attaque nucléaire a augmenté", a aussi dit le dirigeant américain, selon qui "des réseaux terroristes comme Al-Qaida essaient d'obtenir les matériaux nécessaires à l'élaboration d'une arme nucléaire".
De la matière fissile "de la taille d'une pomme" peut suffire à tuer des milliers de personnes, a rappelé M. Obama, qui a également révélé qu'une deuxième édition du sommet aurait lieu en 2012 en Corée du Sud, un choix hautement symbolique étant donné que son voisin et ennemi, la Corée du Nord, s'est retrouvé au ban des nations pour s'être dotée de la bombe.
Le président sud-coréen, Lee Myung-bak, a affirmé que Pyongyang serait invité à ce prochain rassemblement s'il s'engageait à abandonner son arsenal nucléaire, et a exhorté le régime à reprendre les pourparlers lors desquels il s'était engagé à renoncer à la bombe atomique en échange d'une aide économique et de garanties sur sa sécurité. Après l'Ukraine, le Chili et le Canada la veille, M. Obama a salué l'engagement annoncé le 13 avril par le Mexique de se débarrasser de son uranium hautement enrichi, une "décision très importante" selon le président américain. De son côté, le ministre des affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, a affirmé en marge du sommet que la Russie prévoyait de consacrer jusqu'à 2,5 milliards de dollars (1,8 milliard d'euros) pour supprimer le plutonium de son programme de défense.
De son côté, le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a appelé dans un discours tous les Etats à ratifier le Traité d'interdiction complète des essais nucléaires et a défini cinq axes d'actions pour établir un monde exempt d'armes nucléaires : la prévention du terrorisme nucléaire, la sécurisation des matériaux fissiles qui servent à fabriquer des armes nucléaires, le renforcement du rôle de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), l'engagement plus important du Conseil de sécurité sur ces questions et la réalisation simultanée du désarmement et de la non-prolifération des armes nucléaires dans le monde.
Après la tenue de ce sommet, l'AIEA, qui joue un rôle de premier plan pour éviter que des matériaux nucléaires ne tombent entre les mains de terroristes, en protégeant notamment les sites nucléaires contre les vols et les sabotages et en sécurisant le rapatriement des matériaux nucléaires usagés mais toujours dangereux, espère des financements supplémentaires pour remplir ses missions.
Source : AFP

Commentaires
Lorsqu'on fait la politique, c'est pour établir la justice, dixit Jean Paul II. Obama n'a ni envie de restaurer une justice ni reconnaître la situation d'inconfort dans laquelle se trouve le monde du fait même de la menace nucléaire. Il s'agit de prendre toute la mesure de la menace pour comprendre qu'on ne doit exclure personne. Les Etats restent États furent-ils voyous. La Corée qui se trouve partagée en deux entités est du fait de qui? La Corée du Nord a des revendications précises dont les États-unis en sont le principal concerné. Pourquoi ne pas commencer par discuter directement avec elle pour sortir de l'état de "ni guerre ni paix" dans lequel la région est plongée. Le Pakistan aussi reste un autre morceau avec les Talibans qui partagent les mêmes réalités avec leurs frères de l'Afghanistan voisin. L'âme nucléaire est aussi là et à tout moment elle peut tomber dans les mains de "l'ennemi". L'Israël ne constitue-t-elle pas aussi l'autre "ennemie" à liquider si on s'en tient aux propos de ses voisins arabes? L'Iran serait-elle devenue une organisation terroriste du fait de ses ambitions pourtant légitimes?
Dans une situation tout aussi sérieuse, l'exclusion serait fatale et ce qui va se passer, c'est ce qu'on redoute tous. Les États-unis en ont les moyens de réunir tout le monde, alors qu'ils cessent de légaliser l'injustice.