RAPPORT : Désarmement et non-prolifération nucléaires
Par Guest le jeudi 25 mars 2010, 09:00 - Sécurité internationale et défense - Lien permanent
Jean-Marie COLLIN
Le sénateur Jean-Pierre Chevènement pour la Commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées du Sénat vient de rendre son rapport d’information n°332 (2009-2010) intitulé « Désarmement, non-prolifération nucléaires et sécurité de la France ».
Ce rapport de 250 pages, publié quelques semaines avant la Conférence de révision du Traité de non-prolifération, se prononce sur les positions et l’attitude non « frileuse » que la France devra arborer. Le sénateur, ancien ministre de la défense, a souhaité à travers ses écrits répondre aux questions suivantes :
- A quelles conditions peut-on se diriger vers des progrès significatifs en
matière de désarmement nucléaire tout en renforçant la stabilité et la sécurité
internationales ?
- Comment lutter plus efficacement contre la prolifération nucléaire tout en
répondant aux attentes des pays désireux d'accéder aux bénéfices de l'énergie
nucléaire civile ?
Ce rapport a fait l’objet au Sénat d’un débat ou plutôt d’une simple discussion étant donné que les sénateurs l’ont tous approuvé. Mais la diversité politique française fait que ce consensus classique a été « cassé » par deux sénateurs, qui n’ont pas manqué d’arguments…
Ce document est composé de 5 parties :
- 1 : Désarmement et non-prolifération nucléaires : Etat des lieux, 20 ans après la fin de la guerre froide
- 2 : Il existe, dans le nouveau contexte international, la possibilité d’aller vers une zone de basse pression nucléaire
- 3 : Il est nécessaire de relancer la promotion des usages pacifiques de l’atome qui fonde la légitimité du TNP
- 4 : Il faut inscrire le maintien de l’ordre nucléaire mondial dans la perspective d’une réduction des tensions et d’un traitement des problèmes politiques pendants
- 5 : Garantir la sécurité de la France et le maintien d’un équilibre pacifique sur le continent européen
Commentaires
Critique (par GC) point par point du « point de vue » de JP Chevènement (JPC) paru dans Le Monde du 20.05.2010
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Point de vue
Il est illusoire et dangereux de croire que l'on peut mettre un terme à la prolifération nucléaire en supprimant les arsenaux existants, par Jean-Pierre Chevènement Le Monde | 20.05.10 | 14h21
JPC : Michel Rocard et Georges Le Guelte sont des hommes réputés compétents, chacun dans son domaine. Je suis d'autant plus surpris de les voir tracer ensemble (Le Monde du 4 mai) des perspectives illusoires pour un mot d'ordre simpliste : "Mettre un terme à la prolifération nucléaire, en éliminant les arsenaux", et négliger les voies praticables du seul objectif aujourd'hui accessible : la minimisation de ces arsenaux en vue de créer une "zone de basse pression nucléaire", selon la formule du rapport adopté en mars par la commission des affaires étrangères et de la défense du Sénat ("Désarmement, prolifération nucléaire et sécurité de la France").
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GC : Compte tenu de la catastrophe terrifiante (voire finale) que serait une guerre nucléaire, le seul objectif humain ne peut être que l’élimination totale des arsenaux nucléaires, se fixer tout autre objectif c’est consentir et être complice du meurtre de millions et de millions d’êtres humains.
Demandez aux survivants d’Hiroshima ce qu’ils en pensent (sans parler des USA ou de la Russie qui ont 10 fois pire, la France a au bout de ses missiles 2000 bombes Hiroshima… de quoi générer 2000 fois l’horreur absolue qu’à été Hiroshima !)
Mais effectivement minimiser nos arsenaux serait déjà un pas dans la bonne direction, alors faisons-le… Nous avons de quoi détruire plusieurs fois la population de la France, si chaque pays en faisait autant alors il y aurait de quoi détruire 5 ou 10 fois toute vie humaine sur notre planète (sans parler des multitudes de pauvres animaux qui ne demandent qu’à vivre) ; on peut donc en prenant un risque faible réduire facilement de 70% (par exemple) notre arsenal.
Par contre si la France ne le fait pas et si elle continue à se cramponner à sa dissuasion elle pousse à la prolifération : en affirmant que seule la dissuasion nucléaire assure vraiment notre sécurité, elle pousse évidemment chaque pays à en faire autant, car au nom de quoi peut-on demander par exemple à l’Iran de renoncer à acquérir une dissuasion
équivalente à la nôtre ? La sécurité des Iraniens vaut bien celle des Français !
Et cette prolifération (à laquelle nous poussons) pousse elle-même à la catastrophe finale.
En effet, ou bien les « chances » d'utiliser les armes nucléaires sont nulles et alors il n'y a plus de dissuasion, pourquoi alors les construire ? Ou bien la probabilité qu'on les utilise n'est pas nulle et alors un conflit nucléaire a toutes les raisons d'éclater un jour, car aussi faible que soit cette probabilité sur une année, elle va devenir considérable si on envisage une période suffisamment grande : sur 100 ans elle sera 100 fois supérieure et si de plus au cours de cette période le nombre des nations possédant l'arme nucléaire est multiplié par 20, la probabilité sur 100 ans sera de l'ordre de 1000 fois supérieure !
Et que devient ce risque si, ne serait-ce que dans un seul des pays possédant l’arme nucléaire, on voit arriver au pouvoir un émule d’Hitler ? Qui peut affirmer que des dictateurs plus ou moins équivalents à Hitler n'existent pas aujourd'hui ? Qui peut affirmer qu'il n'en existera aucun dans les 20 ans ou les 100 ans qui viennent ?
On n’ose penser non plus à ce qu’il adviendrait si (notamment en période de grande tension internationale), dans un de ces pays, les facultés mentales du dirigeant venaient brusquement à vaciller !
Prenons donc aujourd’hui un risque limité en diminuant notre arsenal pour donner une chance (certes ce n’est pas une certitude) à la paix, pour éviter à terme une catastrophe certaine à laquelle nous poussons en nous cramponnant à notre dissuasion.
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JPC : Perspective illusoire d'abord que de laisser croire qu'on puisse éliminer les arsenaux nucléaires en moins de quelques décennies. La revue de posture nucléaire américaine NPR publiée le 8 avril, que MM. Rocard et Le Guelte n'ont visiblement pas lue, établit clairement que les capacités industrielles de démantèlement n'y parviendraient pas avant le début de la prochaine décennie, en fait 2024. Cela est encore plus vrai pour les capacités de transformation du plutonium en combustible civil (pas avant la décennie 2030). Tout cela sans compter avec les difficultés politiques aisément prévisibles : les Etats-Unis considèrent notamment l'arsenal russe comme "dimensionnant" pour le leur.
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GC : Peut-être… De toute façon, ce qui importe c’est d’avancer dans cette voie le plus vite possible. Alors que la France non seulement empêche cette avancée en refusant de signer la convention d’élimination des armes nucléaires, mais pousse au contraire dans la direction inverse (car nous l’avons vu, par sa dissuasion elle pousse à la prolifération).
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JPC : Illusoire de laisser croire qu'un effort de désarmement massif des deux superpuissances nucléaires (ainsi dans les années 1990) entraîne ipso facto un arrêt de la prolifération : l'Inde et le Pakistan sont devenus puissances nucléaires en 1998.
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GC : Il est encore plus illusoire de penser qu’on peut freiner cette prolifération en se cramponnant à notre dissuasion : considérer que seule notre dissuasion assure vraiment notre sécurité c’est bien évidemment pousser chaque pays à en acquérir une semblable, à moins de considérer que la vie d’un iranien vaut moins que celle d’un français… mais cela serait du pur racisme !
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JPC : Michel Rocard et Georges Le Guelte méconnaissent plusieurs faits :
- Si un accident ne peut jamais être exclu, la dissuasion nucléaire a procuré au monde une paix relative depuis soixante-cinq ans
avec notamment la disparition pacifique de l'URSS.
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GC : Rien ne permet d’affirmer cela, tout au plus peut-on dire qu’il y eu effectivement (non pas dans le monde mais en Europe) une paix relative, alors qu’existait la dissuasion nucléaire, rien ne prouve (loin de là) que sans la force de dissuasion française il n’en aurait pas été de même.
La disparition pacifique de l’URSS doit certainement beaucoup plus à Solidarnosc, au mouvement que Vaclav Havel et d’autres ont suscité en Tchécoslovaquie, et aux marches non-violentes en RDA (tous mouvements de masse non-violents) etc. … qu’à la dissuasion nucléaire. Cela tend à prouver, à l’inverse de ce que prétend Chevènement, que la paix est le fruit non de la menace la plus violente (que représente la menace de frappes nucléaires) mais au contraire de la résistance non-violente de masse !
A supposer que la menace nucléaire réciproque USA-URSS ait contribué à instaurer en Europe une paix relative. Peut-on se satisfaire de la prolongation d’un tel type de paix, une telle paix ne risque-t-elle pas à tout moment de basculer dans l’apocalypse nucléaire ? Bien sûr que si, ce basculement vers l’horreur est possible, plusieurs fois dans le passé on a frôlé la catastrophe…
Une diminution progressive et équilibrée (le plus rapide possible) des forces ennemies en présence est donc la seule voie vers une vraie paix !
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JPC : Le Traité de non-prolifération (TNP) est plutôt une réussite. Le président Kennedy anticipait de vingt à vingt-cinq le nombre d'Etats nucléarisés en l'an 2000, en plus des cinq existant. Il n'y en a que trois : Israël, Inde, Pakistan, la Corée du Nord ne disposant que d'engins. Le TNP est le môle d'un ordre nucléaire mondial qui intéresse tous les pays, aucun n'ayant intérêt à voir ses voisins devenir des puissances nucléaires.
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GC : Donc aucun n’a intérêt à pousser à la prolifération donc aucun n’a intérêt (sinon à courte vue) à se cramponner à une dissuasion qui y pousse !
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JPC : - Depuis le pic de la guerre froide (65 000 têtes nucléaires), le stock mondial a diminué de plus de deux tiers.
MM. Rocard et Le Guelte ne mentionnent pas les facteurs géopolitiques en dehors desquels on ne peut concevoir la sécurité de la France et de l'Europe.
- La Russie et les Etats-Unis disposent encore à eux deux de 95 % des têtes nucléaires existantes (13 000 et 9 400). Le nouveau traité Start du 6 avril ne prévoit qu'une diminution modeste des armes "déployées" : de 1 700 (plancher du traité SORT) à 1 550 dans les sept ans qui suivront son entrée en vigueur, soit au mieux en 2018.
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GC : La capacité que nous avons de tuer des dizaines de millions d’êtres humains reste une chose terrifiante et inacceptable dans l’absolu, dont la monstruosité n’est en rien atténuée par le fait que les USA et la Russie puissent faire dix fois ou même 100 fois pire !
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JPC : - L'Asie est clairement aujourd'hui la zone des tempêtes : Chine, Inde, Pakistan développent leurs arsenaux. Le Moyen-Orient est d'ores et déjà nucléarisé.
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GC : OK, alors que fait-on ? Deux options possibles :
- celle que suit la France actuellement : qui fait tout pour faire échouer la conférence de révision du TNP en vidant la convention d’élimination des armes nucléaires de tout contenu concret et contraignant et qui se cramponne à sa dissuasion ce qui génère la prolifération…
toutes choses qui ne peuvent que pousser chacun à continuer à s’armer : Chine, Inde, Pakistan, Israël, Iran….
- ou bien celle inverse, qui donne une chance à la paix : en signant la convention d’élimination des armes nucléaires c'est-à-dire en acceptant (à terme et dans le cadre d’un processus international de désarmement universel contrôlé) de voir notre dissuasion diminuer puis disparaître.
Certes la deuxième option ne donne aucune certitude d’arriver au bout d’un désarmement nucléaire global, elle rend cependant possible l’atteinte de cet objectif. Par contre la première option donne la certitude d’avancer vers la catastrophe finale.
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JPC : - Les Etats-Unis entendent bien maintenir leur dissuasion. Ils consacrent plus de 7 milliards de dollars par an à leur infrastructure nucléaire et viennent d'annoncer un effort supplémentaire de 5 milliards de dollars sur cinq ans.
S'ils déclarent vouloir réduire la place du nucléaire dans leur doctrine de défense, c'est parce qu'ils peuvent effectuer des "frappes conventionnelles dévastatrices" par missiles intercontinentaux dotés de têtes "classiques" notamment, dont les autres puissances n'ont pas les moyens.
Le désarmement nucléaire ne peut progresser qu'avec la solution politique des conflits régionaux et "sans diminution de la sécurité internationale". Aux dires mêmes de la NPR, "ces conditions, clairement, ne sont pas réunies".
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GC : Tout est lié, chaque pays qui pousse dans le mauvais sens encourage les autres à en faire autant ou pire, et on sait qu’un jour ou l’autre cela se terminera dans une horreur monstrueuse défiant toute imagination.
La seule solution est donc de pousser dans le bon sens ! Tant au niveau du désarmement nucléaire qu’au niveau des conflits régionaux
La France conformément à l’analyse de M. Chevènement met en effet comme préalable à une diminution de son arsenal nucléaire la diminution des « tensions régionales et l’accomplissement des progrès dans toutes les sphères du désarmement » tout en vendant des armes aux pays en cause… Plus hypocrite que moi, tu meurs !
C’est odieux, si on pense aux millions et aux millions de vies en jeu !
http://culturedepaix.blog.sfr.fr/cu...
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JPC : - Enfin et surtout, MM. Rocard et Le Guelte commettent une erreur politique majeure en se situant dans la perspective du "démantèlement des structures de l'Etat-nation". Tout cela procède d'un eurocentrisme myope. Alors que le centre de gravité du monde bascule vers l'Asie-Pacifique, je ne vois nulle part rien de tel : Chine, Inde, Pakistan, Iran, Russie, Etats-Unis, Brésil, Egypte, Israël, etc.
MM. Rocard et Le Guelte négligent ainsi, au profit d'une posture médiatique plutôt démagogique, la seule perspective aujourd'hui accessible et qui pourrait être consensuelle : celle d'un objectif de minimisation des arsenaux nucléaires à l'horizon d'une vingtaine d'années, retenu même par la commission Evans-Kawaguchi, référence de l'école abolitionniste. Celle-ci propose que la Russie et les Etats-Unis s'en tiennent à un arsenal de 500 têtes chacun en 2025.
Je doute pour ma part que la Russie, compte tenu de la faiblesse de ses forces conventionnelles, et les Etats-Unis, compte tenu de la "dissuasion élargie" qu'ils promettent à leurs alliés, en Europe, en Asie de l'Est et dans le Golfe, acceptent de tomber à ce niveau. Faisons cependant le pari.
Il y a trois moyens de réduire pratiquement les arsenaux nucléaires :
- La poursuite des négociations américano-russes, au-delà du "New Start".
- La ratification du Traité d'interdiction des essais nucléaires (TICE) par les Etats-Unis qui entraînerait celle de la Chine et de l'Inde. Cette ratification, qui exigerait une majorité de soixante-sept sénateurs au Sénat américain, est aujourd'hui loin d'être acquise. Elle n'interviendra pas - au mieux - avant 2011. La France a ratifié, elle, depuis 1992.
- L'ouverture d'une négociation sur un traité interdisant la production de matières fissiles à usage militaire. Proposée par la conférence du désarmement en mai 2009, à l'unanimité, elle est aujourd'hui bloquée par le Pakistan.
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GC : Le refus de la France de s'engager publiquement sur un objectif de désarmement total rend hypocrite ou inopérante (nous allons le montrer) la proposition de la France d'une entrée en vigueur sans délais du traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE) et d'une interdiction de la production de matières fissiles à usage militaire (fissile material cut-off treaty – FMCT).
La France a fait tous les essais nucléaires qui lui étaient indispensables (au mépris des règles internationales) pour mettre au point sa force de dissuasion et elle a accumulé des quantités considérables de matières fissiles à usage militaire (de quoi voir venir pendant des dizaines et des dizaines d’années), après quoi elle a appliqué les deux traités en question (tout en développant des programmes de simulation d’essais nucléaires par ordinateurs).
Dans sa propagande officielle, elle se vente d’avoir appliqué ces deux traités et surtout elle demande que tous en fasse autant (cela fait partie des propositions de paix qu’elle met sur la table, et là encore elle s’en vente en disant qu’elle travaille à la paix…).
Ce faisant, elle est entrée dans le club nucléaire et elle essaye de fermer la porte du club derrière elle, car l’application de telles mesures empêcherait tout pays qui n’a pas encore de force de dissuasion d’en acquérir une. Bien évidemment beaucoup de pays du seuil (Iran.. etc.) n’accepteront pas un tel marché (pas plus que la France n’a respecté quelque obligation de cet ordre tant qu’elle n’avait pas mis au point sa force de dissuasion).
Ce marché n’est acceptable pour les pays du seuil que si la France remet en cause sa dissuasion nucléaire et qu’elle accepte que (au moins) à terme (dans un cadre donnant des garanties, tel que celui de la convention d’élimination des armes nucléaires) cette dissuasion diminue puis disparaisse.
Il est fondamental de bien dire cela et de bien le souligner sinon on va vers un affrontement stérile (et pire que stérile, lourd des pires menaces) entre les occidentaux et l’Iran (entre autre).
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JPC : Ainsi pourrait-on efficacement plafonner, qualitativement et quantitativement, le développement des arsenaux nucléaires. La conférence d'examen du TNP est l'occasion de faire avancer ces objectifs.
Le vieillissement naturel et le démantèlement des armes permettraient de se diriger vers des niveaux de "stricte suffisance", à l'exemple de la France, qui dispose de moins de 300 têtes (quatre sous-marins nucléaires pour assurer une permanence à la mer et deux escadrons de Mirage 2000 et Rafale : il est difficile de faire moins !).
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GC : Comment oser parler de « stricte suffisance » alors que notre potentiel nucléaire est de l’ordre de 2000 bombes Hiroshima, que nous sommes donc capables d’anéantir une population égale à celle de la France (voire plus) et que (si les circonstances s’y prêtent) nous n’excluons pas de le faire !!!!
Des dizaines et des dizaines de millions d’êtres humains (hommes, femmes, vieillards, enfants… la plupart innocents) tués sur le coup ou après d’atroces souffrances ! Et le déclanchement de ce monstrueux crime de guerre reposant sur la décision d’un seul homme !!!!
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JPC : On ne peut demander sérieusement à la France, étant donné l'asymétrie des arsenaux, de "prendre la tête d'une coalition, où elle rejoindrait ses partenaires européens" pour prôner leur disparition : ce serait vouer la France et l'Europe à n'être plus sur la carte qu'un espace vide entre la Russie, qui dispose d'au moins 2 000 armes "tactiques", et les Etats-Unis, à proximité d'un Moyen-Orient nucléarisé, où la prolifération balistique progresse constamment.
Ce serait le choix de l'inexistence stratégique, et par conséquent politique. Pour l'Europe, ce ne serait pas le choix de la paix mais celui de la dépendance.
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G C : Le Japon, l’Allemagne…etc. n’ont pas d’armes atomiques ils sont donc, pour Monsieur Chevènement, inexistants politiquement…. !!!!
On a démontré plus haut que, contrairement à ce que prétend M. Chevènement, avancer vers un désarmement nucléaire dans le cadre d’un processus universel contrôlé est bien le seul choix authentique de la paix !
Quant à la dépendance : entre la France et l’Allemagne laquelle des deux est la plus dépendante de l’autre ? Le seul fait que la question puisse être posée en ces termes prouve à l’évidence que l’arme nucléaire ne joue pas le rôle déterminent que M. Chevènement prétend.
Et même si cela devait diminuer notre indépendance, je préfère mille fois cela que de tuer des millions d’innocents !
Plut à Dieu que je sois prêt à risquer voire à donner ma vie pour l’indépendance de mon pays mais je refuse absolument de tuer des millions d’êtres humains !
Si la France devait perpétrer un tel massacre, que vaudrait son indépendance, ce pays mériterait-il de s’appeler encore la France (Cet air de liberté au-delà des frontières Aux peuples étrangers qui donnaient le vertige…)
Enfin il se trouve que la France a signé le TNP dont l’article 6 prévoit l’élimination des arsenaux nucléaires !
M. Chevènement considère-t-il que ne pas respecter sa signature est un acte sans gravité et sans conséquences pour la confiance entre les nations et donc la paix dans le monde ?
La France a signé la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, dans laquelle est écrit :
Tout individu a droit à la vie. Tous les êtres humains doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.
M. Chevènement considère-t-il que fouler au pied mille fois, des millions de fois cette Déclaration qu’on a signée est un acte sans gravité ?
Si les mots ont un sens si la parole donnée a une valeur, peut-on être pour la dissuasion et continuer à parler de Droits de l’Homme… ou de notre belle devise républicaine ?
Liberté égalité fraternité…
Tous les êtres humains doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.
Fraternité ! C’est peut-être au-dessus de nos forces… mais au moins ne tuons pas des multitudes d’innocents !
Refusons une dissuasion qui menace des millions d’êtres humains, pousse à la prolifération nucléaire et donc à la catastrophe finale.
Pour le moins, saisissons la chance historique qui nous est offerte, avançons résolument et sans délai, avec les autres Etats nucléaires, signataires ou non du TNP, dans un processus d’élimination contrôlée de toutes les armes nucléaires.
Signons la convention d’élimination des armes nucléaires.
Réduisons la quantité de nos armes de mort.
Prenons aujourd’hui un risque limité pour éviter à terme une catastrophe certaine.
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Réaction d’un des abonnés du Monde.fr à la lecture de cette information.
20.05.10 | 15h58
Au risque de me répéter, je rappelle que la Corée du Nord, pays du mal, vit tranquille, et que l'Irak, autre pays du mal, a été envahi et dévasté. Tant que la première puissance mondiale peut retomber entre les mains d'un fanatique religieux (et qu'il appelle sa religion "démocratie" ne change rien), les pays qui ont la bombe atomique ne peuvent pas l'abandonner. Chevènement a raison; tout ce qu'on peut espérer, c'est moins de bombes, pas moins de pays qui en ont.
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GC : Espérer qu’il y ait moins de bombes si de plus en plus de pays en ont, est pour le moins un pari paradoxal et surtout risqué !!!
Et plus de pays auront la bombe plus les risques d’un dérapage tragique s’accroitront.
Certes la Corée du Nord n’aurait pas eu la bombe, peut-être aurait-elle été dévastée… ce n’est cependant pas prouvé (loin de là) car la Corée du Nord et l’Irak étaient et sont dans des situations géostratégiques et géopolitiques très différentes.
Et même s’il était vrai que l’arme nucléaire nord-coréenne l’aurait préservé d’une attaque de la part des USA : pour ne pas risquer d’être attaquée il suffisait (et il suffit) à la Corée du Nord de renoncer à ses armes nucléaires et de ne pas menacer ses voisins, voilà qui est moins coûteux et ne pousse pas à la catastrophe finale…
Une guerre nucléaire tuerait des millions, voire des centaines de millions, voire des milliards d’êtres humains, voire même détruirait toute vie humaine sur notre planète. Imaginons la mort d’un seul enfant, c’est intolérable, que dire de celle de toute l’humanité !
En se cramponnant à notre dissuasion et en refusant de signer la convention d’élimination des armes nucléaires la France on l’a vu pousse à la catastrophe finale.
Lutter pour une politique inverse donnant ses chances à la paix, c’est s’efforcer de défendre toute vie humaine dont celle de nos enfants et petits enfants
et celles de vos enfants et petits enfants !
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