Un peu plus de soixante années après sa création, les interrogations sur l’avenir de l’Alliance se développent au confluent de trois constats. L'illisibilité du monde rend l’Alliance « inévitable », comme un des rares pôles de stabilité, de solidarité sur une planète parcourue d’incertitudes. Deuxième constat : le doute américain. Gendarme universel pour quelques esprits simples (...) au début des années 1990, les États-Unis auraient consumé leur puissance dans l’aventurisme bushien. L’avenir oubliera les deux caricatures. (...) Pour les membres de l’Alliance, les États-Unis demeureront encore longtemps l’ami nécessaire dont on redoute à la fois la puissance et le possible lâchage… Le troisième constat est, bien évidemment, cet incurable ethnocentrisme européen: si les Européens savaient voir le monde et la place qu’ils y tiennent, ils abandonneraient plus vite leurs médiocres impuissances. L'histoire va, ailleurs, plus vite, et pose dans son cheminement chaotique des questions auxquelles les autres répondent : l’Alliance pourra donc jouer, dans les années à venir, sans l’Europe, ou presque sans elle – et ce, même si les savoir-faire spécifiques des Européens peuvent lui être utiles.

Plusieurs autres questions essentielles sont également traitées dans cette édition de Politique étrangère, notamment sur le rôle de l’OTAN dans le monde d’aujourd’hui, sur sa réforme interne, sur la nouvelle posture de la France au sein de l’Alliance.


Directeur de la publication : Thierry de Montbrial
Rédacteur en chef : Dominique David

Deux articles sont disponibles en ligne sur www.ifri.org :

«Le débat sur une OTAN globale», par Michael Clarke

«La réforme de l’OTAN : le besoin, les obstacles, les nouvelles perspectives», par Diego A. Ruiz Palmer


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