ACTU : Conférence de Copenhague : l'amertume d'un accord a minima sur le climat
Par Multipol le samedi 19 décembre 2009, 22:55 - Diplomatie multilatérale - Lien permanent
Catherine MAIA
La conférence sur le climat de Copenhague a frôlé la catastrophe avant d'accoucher aujourd'hui d'un accord aux ambitions limitées pour lutter contre le réchauffement, loin de combler les attentes exprimées par la mobilisation sans précédent qu'elle a suscitée.
"Ce n'est peut-être pas tout ce que nous espérions, mais cette décision de la Conférence des Parties est une étape essentielle", a estimé le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, après deux semaines de tractations chaotiques, un sommet à 130 chefs d'Etat et de gouvernement et une nuit de débats acides.
Ce matin, la conférence a "pris note" de l'Accord de Copenhague, adopté le 18 décembre au soir par les chefs d'Etat de 28 pays industrialisés et émergents. Une formulation juridiquement et politiquement moins engageante qu'une adoption formelle.
Les travaux ont officiellement pris fin peu après 15h30 (14h30 GMT).
L'Accord de Copenhague, un peu vite annoncé comme acquis le 18 décembre par les présidents américain Barack Obama et français Nicolas Sarkozy, a le mérite d'enrôler pour la première fois les deux plus grands pollueurs de la planète, la Chine et les Etats-Unis.
Bien que jugé "insuffisant" par MM. Obama et Sarkozy - ce dernier y voyait cependant "le meilleur accord possible" -, le document long de trois pages à peine fixe comme objectif de limiter le réchauffement planétaire à 2 degrés par rapport aux niveaux pré-industriels, sans décliner le mode d'emploi pour y parvenir.
Pour le climatologue français Hervé Le Treut, "le risque désormais, c'est le coup de blues post-Copenhague, la démobilisation, l'effilochement des opinions publiques", après la mobilisation enthousiaste à travers le monde à l'approche du rendez-vous danois.
Pendant une grande partie de la nuit, le Premier ministre danois Lars Loekke Rasmussen, épuisé, a donné la parole aux délégués qui ont dénoncé, pour certains en termes agressifs, cet accord conclu selon eux dans leur dos.
Cet accord revient à proposer "une poignée de petite monnaie pour trahir notre peuple et notre avenir", a lancé, très remonté, le délégué du petit archipel de Tuvalu, dans le Pacifique sud, directement menacé par la montée des eaux liée au réchauffement de la planète.
Si cet Accord de Copenhague a suscité des débats houleux, c'est qu'il a été négocié en secret, derrière des portes closes, en contradiction avec les règles multilatérales des Nations Unies, par une sorte de G-20 élargi - Etats-Unis, Europe et grands pays émergents comme la Chine, l'Inde, l'Afrique du Sud et le Brésil -, soit les principaux pays émetteurs de gaz à effet de serre.
Cet accord a minima appelle les pays industrialisés et les pays en développement à affirmer leurs engagements de réduction de gaz à effet de serre par écrit d'ici à la fin janvier et prévoit des mécanismes garantissant la transparence de leur mise en oeuvre. Mais il ne fixe pas de date pour un "pic" au-delà duquel les émissions commenceraient à décroître.
Il prévoit également 30 milliards de dollars à court terme (années 2010, 2011 et 2012), puis une montée en puissance pour arriver à 100 milliards de dollars d'ici à 2020, destinés en priorité aux pays les plus vulnérables afin de les aider à s'adapter aux impacts du dérèglement climatique.
Nombre d'ONG environnementales ont dénoncé un fiasco. "Pas de contrainte, aucun objectif à 2020 ni à 2050 : difficile d'imaginer pire conclusion pour la conférence de Copenhague", déplorait Greenpeace.
Le directeur exécutif de Greenpeace, le Sud-Africain Kumi Naidoo, s'est dit "profondément déçu". "Voilà une déclaration d'intention qui présente des trous si grands qu'on pourrait les traverser avec Air Force One", l'avion présidentiel américain, a-t-il ironisé.
Déception cruelle pour nombre de négociateurs engagés dans le processus : le paragraphe stipulant la nécessité d'aboutir à un traité "légalement contraignant" d'ici la conférence climat de Mexico fin 2010, un temps envisagé, a disparu du document final.
La chancelière allemande Angela Merkel a proposé d'accueillir une conférence de mi-parcours en juin à Bonn.
"C'était d'une tristesse incroyable à l'intérieur de cette salle", déplorait au petit matin le climatologue français Jean Jouzel, sortant de la réunion plénière. Et de souligner le contraste saisissant avec la fébrilité prometteuse dans laquelle s'était conclue, il y a deux ans, la conférence de Bali, celle qui avait lancé "la feuille de route" jusqu'à Copenhague.
Source : AFP

Commentaires
The nature of the Copenhagen Accord is unclear. The Conference of the Parties (COP) has adopted the Decision-/CP.15 by consensus. However, it reads as “The Conference of the Parties takes note of the Copenhagen Accord”, and the decision is followed by the Accord.
In the conference, several developing countries including China, Sudan, and Venezuela insisted that the Copenhagen Accord has not been adopted by consensus in the COP15. By contrast, US, UK and Norway affirms that article 7, para.2, (c) of UNFCCC, which provides COP shall “facilitate, at the request of two or more Parties, the coordination of measures adopted by them to address climate change and its effects, taking into account the different circumstances, responsibilities and capacities of the Parties and their respective commitment under the Convention.”, applies to the Accord. The Executive Secretary made a clarification in the conference that the question of applicability of art.7, par.2, (c) of the Convention will be an item of the next COP.
Furthermore, the Accord has in the preamble a blank space for “List of Parties” who are associated with the Accord. The Executive Secretary explained that Parties can make a statement of its consent to the Accord by expressing its will in the present COP or by sending a written letter to the Presidency of UNFCCC after the finish of the COP. This procedure is like signature of the treaty.
According to the Copenhagen Accord, Annex I Parties to the Convention “commit to implement individually or jointly the quantified economy-wide emissions target for 2020... to the secretariat by 31 January 2010” (para.4) and “Non-Annex Parties to the Convention will implement mitigation actions… by 31 January 2010” (para.4). In my view, the Copenhagen Accord will have a big signification in the COP16 in Mexico.
Une bien lourde déception alors qu'on en attendait tellement de ce sommet. Malgré toute sa bonne volonté, supersarko n'a rien pu faire. Il faut dire que les pays émergents tel que la chine ont pourri le sommet. D'un coté, on ne peut le leur reprocher : les occidentaux sont responsables du désastre écologique actuel et on leur demande d'en payer les frais. Mais ces derniers préfèrent rattraper leur retard... Au final, l'utopie se termine sur un accord de vitrine. Au moins cet échec fera date, et on espère qu'à l'avenir on se souviendra de ce "désastre" comme expérience.
To read:
Daniel BODANSKY, "The Copenhagen Climate Change Accord", ASIL Insight, February 12, 2010, Volume 14, Issue 3
http://www.asil.org/files/insight10...