ANALYSE : La mission des Nations Unies en République Centrafricaine et au Tchad : tarrissement ou renouveau ?
Par Multipol le dimanche 15 mars 2009, 10:52 - Diplomatie multilatérale - Lien permanent
Jean-Baptiste HARELIMANA
La protection des personnes déplacées s’avère souvent difficile, parfois même compromise du fait que l’État lui-même participe à la persécution de ses propres ressortissants, ou bien qu’il n’a pas plus d’institutions ou de contrôle effectif sur une partie du territoire afin de leur assurer une protection élémentaire. De surcroît, l’ampleur de la crise ou du conflit peut être telle que les organismes humanitaires ne sont plus en mesure d’exercer seuls les activités humanitaires.
Il ne s’agit plus d’hypothèses abstraites, mais de cas réels dans lesquels sont plongés un grand nombre de personnes déplacées et qui nécessitent des mesures de protection vigoureuses. Le Tchad, la RCA et le Soudan constituent des cas réel d’école, s’il en est besoin . Face à de telles circonstances et poussée par l’impératif humanitaire, la communauté internationale déploie depuis le mois de février 2008, la MINURCAT/EUFOR destinée à sécuriser l'Est du Tchad, aux confins du Darfour, ventre mou d'une Afrique centrale très mouvante et au Nord de la Centrafrique. C’est le 27 septembre 2007 que fut officiellement adoptée la résolution 1778 du Conseil de sécurité qui porte la MINURCAT sur les fonds baptismaux.
La nouvelle MINURCAT, destinée à restaurer les conditions de sécurité nécessaires au retour volontaire et durable des réfugiés et personnes déplacées et à promouvoir les droits de l’homme et l’Etat de droit, doit se déployer à partir du 15 mars 2009 à l’Est du Tchad et au Nord de la Centrafrique, région des trois frontières à cheval entre le Tchad, la République Centrafricaine et le Soudan . Cette présence de la mission de l’ONU prendra ainsi la forme d’une opération militaro-humanitaire, en remplacement de la MINURCAT/EUFOR . S’il faut évidemment se féliciter des avancées de la MINURCAT plutôt que de condamner ses imperfections , il est néanmoins utile de cerner les difficultés qui pèsent sur son activité et sur son devenir et, plus généralement, sur l’avenir de ce type de mission. L’évaluation pourra alors contribuer à un rajustement focal au sujet de ses objectifs.
I. AU COMMENCEMENT ÉTAIT LA MINURCA
II. ET PUIS LA MINURCAT/EUFOR TCHAD/RCA EST VENUE
III. RÉSOLUTION 1861 : UN ENFANT HANDICAPÉ D’UN SI GRAND AMOUR
IV. LE BALISAGE DES CHEMINS D’EFFICACITÉ DE LA MINURCAT
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