NOTE : S’intéresser à la Guinée
Par Multipol le lundi 5 janvier 2009, 11:05 - Politique étrangère / Interculturel - Lien permanent
Cheikh BA
La République de Guinée vient de s’enliser davantage dans la crise sociale, économique et politique qui la caractérise depuis pratiquement son accession à la souveraineté internationale.
Elle est, en réalité, toujours gouvernée par feu Sékou Touré qui, non content d’avoir maintenu cette nation dans la misère, l’a aussi plongée dans une confrontation interethnique à vie.
Malgré ses immenses ressources naturelles, les populations guinéennes sont, encore en 2009, privées d’eau, d’électricité et d’autres infrastructures dites de première nécessité.
Sur le plan politique, il faut noter que le multipartisme invoqué de part et d’autre n’a jamais existé. Le système guinéen n’est pas pluraliste mais plutôt militaire et dictatorial.
C’est toujours les mécanismes de gouvernance instaurés par Sékou Touré qui y sont en vigueur. L’opposition y est divisée. La société civile se transforme de plus en plus en partis politiques. L’équilibre entre les pouvoirs est impensable et le « dauphinat » constitutionnel a toujours été une farce.
Cela est d’autant plus vrai que le Président de l’Assemblée Nationale aurait dû succéder au Président Conté qu’on savait déjà malade, condamné et frappé d’incapacité totale à gouverner depuis fort longtemps. Cette vacance définitive du pouvoir aurait dû être constatée afin que les conséquences juridiques en soient constatées par l’autorité judiciaire compétente.
Dans pareille situation, où la société est prise au piége et se trouve dans un désarroi total, l’armée s’impose comme le dernier rempart. C’est ce qui s’est produit à partir du 22 décembre 2008, lorsqu’on s’est résigné à rendre officiel le décès de Lansana Conté .
Face à cette nouvelle donne, la communauté internationale a réagi diversement. Certains, comme l’Union Européenne et les Etats-Unis, ont condamné la rupture du jeu constitutionnel. D’autres, à l’image de l’Union Africaine ont à la fois condamné et suspendu la Guinée de toute activité au sein de ses instances.
Mais, en plus de tous ces agissements, la question reste posée de savoir ce qu’il y a réellement lieu de faire pour faire face la crise guinéenne, d’autant qu’elle se situe au-delà d’un simple forcing militaire qui était manifestement prévisible et inévitable et dont on peut d’ailleurs dire qu’il a dû nécessairement recevoir la bénédiction du défunt Président Conté.
Une réaction responsable, coordonnée et ciblée de la communauté internationale doit se faire dans les meilleurs délais. Cette réaction ne sera pas destinée à combattre les putchistes ou à aider les guinéens à se nourrir.
Mais elle doit être motivée par l’impérieuse nécessité de contenir cette crise à l’intérieur des frontières guinéennes pour éviter un embrasement de la sous-région ouest africaine en cas d’implosion compte tenu de la position géopolitique et stratégique de la Guinée.
En effet, il faut avoir conscience que ce pays est écartelé entre le Mano River qui inclut la Sierra Leone, et le Libéria entre autres ,qui sont des Etats dans une situation de post-conflit ,et la zone de la Sénégambie qui réunit notamment le Sénégal, la Guinée Bissau et la Gambie et qui est également paralysée par la crise sénégalaise en Casamance ainsi que l’instabilité politico militaire en Guinée Bissau. La moindre implosion en Guinée devrait inéluctablement faire resurgir les vieux démons dans cet espace et menacer encore davantage la paix et la sécurité internationales en Afrique de l’Ouest.

Commentaires
DADIS AN UN ? NON, EN NEUF !
Le titre n’évoque ni un tour de jeu de cartes, ni un montant de pari, ni un thème astral.
Mais, il pourrait bien faire penser à l’un ou l’autre cas de figure voire aux trois réunis comme, au départ, il voulait parler du temps écoulé à Conakry entre décembre 2008 et bientôt décembre 2009 et de ce qu’il pourrait présager pour l’avenir de la Guinée. À cette échéance si proche, un certain Dadis Camara, Capitaine intrépide, dit-on, se serait depuis un an confortablement installé à son tour à… Sékhoutouréya !
Un an ! Douze longs mois, voulais-je lui accorder, avant de me prononcer sur les fêlures, les fissures et les fractures, sensibles depuis quelque temps déjà, dans le processus de transition qu’il avait promis de conduire. Ceci, malgré le mal à la Guinée difficile à imaginer qu’il est vécu, aussi douloureusement sinon plus, par une Guinéenne ou un Guinéen à l’étranger que par leurs compatriotes restés au pays.
Aux vœux de liberté, même dans la pauvreté, aux rêves de bateaux transportant certains jours hypothétiques des portions de bonheur en Guinée ou aux professions de foi ne jurant que par le redressement national dans le refus de tout enrichissement militaire au détriment du reste de la population, les dirigeants y ont encore moins cru que leurs administrés. Ces derniers n’ignorant pas que lesdites promesses politiques ont, à deux reprises, précédé de loin dans leurs tombes ceux qui ont prêté le serment solennel de les réaliser de leur vivant.
Alors, il est d’autant plus criminel, l’ordre donné de tirer en ce 28 septembre 2009, jour du 51ème anniversaire de l’indépendance de la Guinée, sur les leaders, les militants politiques et les simples citoyens qui se sont levés pour que soit tenue une seule des nouvelles promesses : assurer la transition en permettant l’organisation d’élections libres et transparentes en refrénant, dans le même temps, toute ambition militaire de conserver le pouvoir, gagné en cadeau de Noël anticipé le 23 décembre 2008 !
Neuf mois, donc, auront suffi pour pouvoir dresser le bilan d’étape, à ce point dramatique, du CNDD (Conseil National pour la Démocratie et le Développement) ! Record que ni le Parti Démocratique de Guinée, ni le Comité Militaire de Redressement National n’auront battu avant lui : un bain de sang à Conakry en une journée ! L’étendue exacte de la tragédie restera à déterminer, de toute façon, mais aussi et surtout les niveaux de culpabilité. La célérité avec laquelle n’a pas été tenue la promesse de ne plus laisser couler du sang guinéen a été particulièrement ahurissante ! En maniant un peu le paradoxe, on aurait pu penser qu’elle l’aurait été, justement, pour n’avoir jamais été faite.
Le troisième pouvoir a bel et bien érigé ses quartiers dans le Palais nommé plus haut et qu’il est inutile de renommer. Car, soit dit en passant, il ne mérite pas plus de porter le patronyme de son premier président, Touré (Sékou Touré), que celui du premier ou du dernier gouverneur colonial. Non seulement parce qu’il a été reconstruit de fond en comble. Mais compte tenu des sombres légendes qu’il a alimentées et, partant, de ce qu’il a représenté comme symbole de tyrannie et de souffrance pour les Guinéens !
De moindre importance, certes, dans leur vie ordinaire, la question du nom de baptême des rues et des édifices devra un jour être réglée pour la préservation du reste de bonne santé mentale collective. Au même titre que devront coûte que coûte être examinés tous les contentieux, moraux, juridiques et politiques en suspens depuis 51 ans. Faute de quoi se multiplieront des massacres comme ceux de janvier-février 2007 et ceux du 28 septembre 2009.
Ne pas travailler à évacuer les traumatismes de tous ordres afin d’assainir les rapports entre tortionnaires et martyrs, bourreaux et victimes, spoliateurs et spoliés… n’aidera pas, de toute évidence, à émanciper avant longtemps l’homo guineensis. Qui ignore encore que les cautères sur les jambes de bois ne constituent pas des thérapies ? Combien de fois faudra-t-il répéter que plus longtemps sera différé le regard sur le chemin parcouru, moins sûre sera la nouvelle route à emprunter ?
Tous les dirigeants « nouveaux » qui se contenteront de chausser les babouches lestées et les boubous et/ou les treillis empesés des anciens seront condamnés de facto à organiser la réédition des pratiques coutumières, paralysantes et mortifères. À la disparition de Sékou Touré le 26 mars 1984, qui n’a pas pensé qu’avait disparu l’empêcheur sanguinaire de "développer en rond" la Guinée ? S’est installé à sa place un Colonel vite promu Général, ramasseur du "fruit mûr". Il en avait le moins envie mais on lui a mis à la bouche le projet de redresser la Guinée. Et, pendant vingt trois ans, soit à peu près jusqu’à son décès le 22 décembre 2008, il a égrené sous un arbre à palabres le chapelet de sa gouvernance qui n’a guère été préoccupée d’être bonne mais seulement de durer.
LA PORTE EST ÉTROITE
Neuf mois depuis que le Général Lansana Conté a quitté le Camp Samory Touré en passant l’arme à gauche. Neuf mois depuis que le Capitaine Dadis Camara a emménagé au Camp Alpha Yaya Diallo de Conakry, deux casernes aux réputations pas du tout taillées dans la demi-mesure en matière de détention, de justice et de répression. Un camp en aura juste supplanté un autre. Avec des canons plus neufs et performants sur les tempes des gouvernements successifs siégeant de façon tout à fait aléatoire à la Primature puis au Palais de la Présidence depuis sa restauration. Au total : 23 années de faux libéralisme tragique pour changer des 26 années de pseudo-révolution sanglante !…
Les neuf mois durant, des Guinéens – moi le premier et c’est bien ce qui a justifié ma réserve –, se sont pris à rêver d’une autre Guinée, enfin possible, parce que, pensions-nous, la fatalité du "jamais deux sans trois" n’opérerait d’aucune manière. Tenez : un beau pays, des ressources, des femmes et des hommes ayant assez souffert pour désirer écrire dans un autre registre que celui de la misère et de la tragédie. Les thèmes, la partition, les voix, les instruments existent. La musique a tout pour être belle. Elle va même l’être, commencions-nous à croire. Pour la première fois le chef d’orchestre paraît si bien inspiré. Inspiré !… Et puis, il sait, de toute façon, qu’il lui faudrait vraiment y aller fort pour atteindre à la cheville les deux premiers tyrans…
Et le jour s’est levé comme tous les jours en ce 28 septembre 2009, jour du 51ème anniversaire de l’Indépendance de la Guinée consécutive au NON opposé au référendum gaullien de 1958. Et ledit jour s’est couché avec la mort d’une centaine de Guinéens et les blessures de milliers d’autres. En saura-t-on jamais le nombre réel ?
La porte est désormais étroite, très étroite, pour tous ceux qui ambitionnent de tenir les rênes du pouvoir. Mais elle est bien la seule à emprunter de toute urgence pour éviter à la Guinée de sombrer avec ses tragédies à répétition. Telle une Somalie au chevet de laquelle plus aucune institution n’accourt. Quiconque conseillerait une autre voie se rendrait complice des drames à survenir de façon inévitable. Elle est de la taille d’un chas d’aiguille, la porte ou la voie. Pour y passer, il faudrait avoir la félinité d’un Thomas Sankara au Burkina Faso à qui les maudites kalachnikovs n’auraient pas brisé le destin prématurément le 15 octobre 1987. Il faudrait avoir la trempe d’un Jerry John Rawlings au Ghana les 14 et 15 mai puis le 5 juin et le 24 septembre 1979 voire celle d’un Amani Toumani Touré au Mali en janvier 1991.
En tout cas, plus besoin de tribun logorrhéique, pas plus que de chef de village lymphatique. La Guinée a tout donné sans avoir rien reçu en retour. Foin des prédations, déprédations et autres facéties macabres à la Bokassa, Mobutu, Nguema (Macias) !… L’Afrique a déjà donné au point d’en être encore toute paralysée !
Mais, combien de Capitaines, combien de Colonels, combien de Généraux feront leur, une fois pour toutes, cette déclaration du Sous-Commandant Marcos au Chiapas (Mexique) qui doit bien savoir de quoi il parle, déclaration dénichée (p.304) dans "Le livre de ma mémoire" de Danielle Mitterrand publié en 2007 chez Jean-Claude Gawsevitch, éditeur ?
« Les armées doivent servir à défendre et protéger, mais non à gouverner ! »
Est-il besoin d’ajouter que les services de sécurité dans un pays qui aspire "à la démocratie et au développement" doivent encadrer et protéger les manifestations démocratiques, les personnalités politiques et syndicales, leurs familles et leurs biens, sans cesser d’assurer la tranquillité de l’ensemble de leurs concitoyens ?
S’est vraiment produit au Stade du 28 septembre ce qui n’aurait jamais dû s’y produire. Des Guinéennes et des Guinéens, grands amateurs de beau football et assez bons pratiquants, sont tombés sous les balles de la soldatesque d’une certaine armée. Et, pour toujours, il fera désormais penser à un autre Stade, le Stade National de Santiago du Chili, horrible mouroir de patriotes chiliens, suite au coup d’état du sinistre… Général Pinochet, un autre mois de septembre, le 11 plus précisément, en 1973 !…
Cheick Oumar KANTÉ
Combien il est désolé, le Président auto-promu !
Pour le maintien du Président auto-promu, des Guinéens ont été tués.
Et même s’il a dit en être désolé en ce qui le concerne, très, très désolé,
Il faudrait sans délai entamer une procédure afin de le faire destituer
Plutôt que feindre d’espérer, demain ou après-demain, le voir évoluer.
L’histoire se passe de nos jours et je m’en vais vous la raconter telle quelle !
Ayant débuté assez festive pour finir vite dans la tragédie, elle est bien celle
De femmes, d’hommes et d’enfants qui avaient souhaité rallier le Terrain des Jeux.
Au Capitaine, Président auto-promu, ils voulaient, là-bas, rappeler le seul vrai enjeu :
Devient Président en pays libre celui-là même qui, par la majorité des citoyens, est élu
Et non avec des galons même si à une camarilla, l’heur de plaire et de complaire il a eu.
Contre les manifestants, le Capitaine n’hésite pas un instant à faire donner l’artillerie lourde
Preuve qu’il commettrait pires crimes encore si, à ses concitoyens, répugnaient ses bourdes.
Des personnes par ses soudards drogués et avinés sont aussitôt violées, volées et massacrées.
À l’aune d’une journée, ses sbires auront fait pire que ceux des anciens chefs du pays exécrés.
Et, après, comment se sent-il, pensez-vous ?
Il en est, pour solde de tout compte, désolé,
Le Capitaine, Président auto-promu, voyez-vous !
Apprenti poète, j’en suis, moi, par la colère interpellé !
Du Capitaine, Président auto-promu, je n’avais pas une idée nette.
Je ne suis pas friand des images tant prisées sur la Toile par certains,
Et, je me détourne toujours de celles à la télé exhibant les horreurs de la Planète
Aussi bien celles occasionnées par les éléments déchaînés que par leurs complices humains.
Après avoir visionné quelques extraits de son fameux Show
Tranchant mécaniquement à propos de tout et de rien, à chaud
Par sa parole décousue fustigeant, humiliant, sans s’interrompre,
Se faisant par conséquent applaudir plusieurs fois à tout rompre,
Devant l’effroi de quelque Entrepreneur jugé pas du tout scrupuleux
Ou le désarroi d’un Collaborateur à vrai dire un Serviteur peureux,
Après l’avoir vu, tel le Roi Soleil, recevoir du fond de son lit
Et brandir, peut-être à l’envers, un livre que, prétendument, il lit
Un écrit à forte probabilité de relent sectaire : "La pensée positive",
J’ai pris la possible mesure de son action, à tout parier, négative.
Alors, je suis révolté !
Révolté que des ambassadeurs lui aient remis des lettres de créance
Et qu’affairistes de tous bords, pour obtenir des concessions minières
Ou pour les conserver, s’abaissent à maintenir leur piètre allégeance
Au mépris des règles les plus simples de l’art et des bonnes manières.
Il dit : je suis désolé ?
Je lui réponds : je suis attristé.
Il est désolé ?
Je suis blessé.
Il est désolé ?
Je suis chagriné.
Il est désolé ?
Je suis consterné.
Il est désolé ?
Je suis déchiré.
Il est désolé ?
Je suis écœuré.
Il est désolé ?
Je suis éploré
Il est désolé ?
Je suis éprouvé.
Il est désolé ?
Je suis mortifié.
Il est désolé et même très, très désolé ?
Plus que jamais, moi, je suis navré.
Et, plus effroyables sont mes trop longues nuits blanches.
Puissent-elles me procurer beaucoup de force et de lucidité seulement
Pour pouvoir témoigner en direct des multiples horreurs du moment,
Retracer, de la généalogie des familles sacrifiées, les moindres branches,
Imaginer surtout pour les petits Guinéens des histoires à lire et à relire
Des poèmes, des contes et des légendes qui leur redonneront le sourire
Qui ne raconteront pas des flots de larmes et des torrents de sang qui coulent
Mais du miel et du lait qui, partout sauf dans les caniveaux, s’écoulent
Quand ils sont déversés par des producteurs de pays riches excédés
De ne pas voir tous leurs gains bien acquis, à leur juste hauteur, rétrocédés.
Des récits pleins de miel et du lait pour les enfants en aide à leurs mères
Avec aussi des rivières qui charrient des engrais pour fertiliser les terres !
Il est désolé ?
Je suis, au choix
Ou tout à la fois :
Accablé, affligé, bouleversé, brisé, effondré, éploré, endeuillé,
horrifié, peiné, sidéré, stupéfié !
Soit, pour chacun des joueurs de foot d’une équipe guinéenne, un état d’âme
Dû à la barbarie de la répression militaire particulière à l’égard des dames.
Mais plus que jamais je suis déterminé
Avec les seules armes qui sont les miennes, les mots,
À mettre des noms exacts sur nos petits et grands maux
À guerroyer contre toutes les brutalités faites hommes.
S’ils méritent toujours et encore qu’ainsi on les nomme,
Les monstres ayant en cette "matrie" dénommée la Guinée
C’est-à-dire la femme par qui eux-mêmes en principe sont nés
Violenté, humilié des femmes dans un stade plein comme un œuf
En cette date désormais triplement symbolique du 28 septembre 2009.
Il n’en est, hélas, que désolé, tout désolé, très, très, très désolé, je le sais !
C’est l’unique mesure d’empathie à sa disposition face à l’horrible nombre de décès.
Cheick Oumar KANTÉ
Lu le point de presse (Maliweb.net) du 14 octobre 2009 à Bamako avec Ticken Jah Facoly. Il vient au secours de Dadis CAMARA!
Ahurissant et surtout impardonnable, cet exercice d’équilibriste sur les dépouilles des Guinéennes et des Guinéens !
En quelle matière, donc, sont faites les lunettes de ce chanteur pour que Dadis Camara continue de trouver quelque grâce à ses yeux ?
Décidément, l’obsession de l’Occident (dont on sait par ailleurs bien profiter de l’asile, du confort de paix, de liberté et de promotion personnelle) continue de faire des ravages dans les cerveaux !
Africains, serions-nous, par un ADN quelconque, condamnés à commencer toujours inspirés, parfois même bien, pour inévitablement finir inconséquents, hallucinés et cruels ? Si j’établissais une liste, elle serait longue, hélas, parmi les « artistes » et les « élites » !
La question n’est plus de savoir dire NON en public à l’Occident, à l’Orient ou au Globe entier mais OUI en public et en privé à l’Afrique en y conformant sans faillir ses paroles et ses actes.
Ressaisis-toi, Ticken ! Beaucoup de personnes, dans le monde, ont pour toi de l’admiration, moi, je ne l’ai plus.
Mais, attention, le miroir aux alouettes grise et carbonise ! Remuer sept fois sa langue dans la bouche avant de parler est plutôt un signe de sagesse. Se garder de passer pour un prescripteur en est un autre. Personne n’est obligé d’avoir une opinion sur tous les sujets. Mais quand on a « le privilège », comme toi, d’approcher les parjures et les tyrans, le plus courageux serait de faire en sorte qu’ils se découvrent, se lèvent et marchent pour que le sang humain dont ils se sont repus leur rompe les veines.
Faire croire à Dadis Camara (le monde entier l’aura enfin découvert) qu’il est outillé pour procurer la paix et le bonheur aux Guinéens et aux Africains, c’est endosser une lourde responsabilité devant l’histoire et, pire que tout, prolonger le calvaire des Guinéens !
Je ne te dis pas merci !
Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a décidé de créer une commission internationale d'enquête sur les violences meurtrières du 28 septembre en Guinée, a annoncé, le 16 octobre, sa porte-parole, Michèle Montas.
M. Ban "demeure profondément préoccupé par la situation tendue qui prévaut en Guinée à la suite de la répression violente de civils non armés, le 28 septembre à Conakry", a déclaré Mme Montas lors d'un point de presse. Il "a décidé de créer une commission d'enquête internationale pour mener des investigations sur ces incidents afin de déterminer la responsabilité des personnes impliquées", a-t-elle ajouté, précisant qu'une mission de l'ONU allait se rendre immédiatement en Guinée pour examiner les modalités de l'établissement d'une telle commission.
La junte au pouvoir affirme que cinquante-six civils ont été tués et neuf cent trente-quatre personnes blessées lors de la manifestation du 28 septembre à Conakry, tandis que l'organisation de défense des droits de l'homme guinéenne estime que plus de cent cinquante-sept personnes ont été tuées et mille deux cents blessées, dont de nombreuses femmes violées.
La violente répression par l'armée de cette manifestation de l'opposition a soulevé l'indignation de la communauté internationale. L'Union africaine (UA), menaçant d'imposer des sanctions, a donné jusqu'au 17 octobre à la junte pour qu'elle s'engage par écrit à ne pas présenter de candidat à l'élection présidentielle de janvier 2010. Les Etats-Unis ont demandé à la junte de quitter le pouvoir tandis que la Commission européenne estimait que le capitaine Camara devait être jugé pour "crimes contre l'humanité".
Source : AFP
Bonjour, vous pourrez voir avec l'article qui suit que certains analystes s'intéressent aux enjeux stratégiques de la Guinée:
http://gestion-des-risques-intercul...
Cordialement,
BP
Un nouveau venu dans "le cercle des poètes apparus" !
Il a, de tout temps, rêvé d’entrer "dans le cercle des poètes" ! Cheick Oumar KANTÉ vient d’y accéder, enfin, avec la publication d’un premier livret de poèmes (84 pages) : "Pourquoi, diable, n’ai-je pas été... un poète ?" (Éditions NDZE, septembre 2010).
ALFA 48 rue du Rendez-vous 75012 Paris – FRANCE en assure la distribution.
Le recueil conçu en six parties est le dernier volet de la trilogie autour des métiers de son choix, entamée avec Pourquoi, diable, ai-je voulu devenir journaliste ? Un essai suivi de Pourquoi, diable, n’ai-je pas été un griot ?
Acrostiches, calligrammes, haïkus, vers libres, vers rimés de façon riche et variée... servent d’écrins à des pépites thématiques portant aussi bien sur l’état du monde (en passant de toute évidence par la Guinée, par d’autres pays d’Afrique et par la France) que sur l’Identité Nationale, la Musique, l’Écriture, la Beauté et l’Amour...
Extraits :
"Moments d’incertitude,
Menacent les affres de la Solitude.
Du papier blanc sous les yeux de mon vague à l’âme.
Entre les doigts, de mon marabout, le célèbre calame…"
***
"Mon corpus entier s’est couvert de psoriasis.
Mes vers m’ont donné des aigreurs.
Mes adverbes ont souffert de flatulences
Mes adjectifs de coliques néphrétiques…"
***
"Mais plus que jamais, je suis vraiment déterminé
Avec les seules armes qui sont les miennes, les mots,
À mettre des noms exacts sur nos petits et grands maux…"
***
"Sifflent les balles, souffrent les blessés.
Fauchent les sabres, rougissent les sables.
Les têtes tombent. Les tombes s’ouvrent et se referment.
Il retombe des corps sur les pierres tombales…"
***
"As-tu vu, Prédateur en chef,
L’état dans lequel t’as mis le monde ?
Suicidaire, il est, ton projet immonde !…
(...)
Au fond de l’abominable et immense tombe
Que tu n’imagines pas être en train de creuser,
Il y a des risques qu’avec tout ton attirail bientôt tu tombes.
Non ! Tu ne disparaîtras même pas dans ce profond gouffre.
T’as assez amassé de mines anti-personnels et de pains de TNT
Pour, avec les tiens et tous tes voisins, dans le ciel plutôt sauter !"
***
"Naissez donc avec leur nationalité,
Un quart ou un demi-siècle avant eux,
Hé bien, ils s’en fichent, ils s’en contrefichent !
Nés plus tard, ils ont la bonne couleur de cheveux
Et leur identité à eux, ils l’ont sans coup férir héritée
Comme d’ailleurs très bien indiqué sur leur fiche !..."
***
"Si j’avais pu te mouler…
Mes doigts ruisselant d’affection
Auraient sillonné chaque parcelle
Et chaque repli de ton corps,
Pétri ton cœur et ton âme
Et, par mille et un attouchements enflammés
T’auraient fixée pour l’éternité.
Même si tes autres admirateurs auraient
Du tableau indûment profité.
(...)
(...) Fait de couleurs et de lumières,
Ton beau profil arc-en-ciel
Aurait été aspiré par Dieu concupiscent et jaloux.
***
L’on aura vite fait de découvrir que dans un même texte, le « jeune » poète est capable de se plier d’instinct à certaines règles de versification comme d’en bafouer avec allégresse plusieurs autres. Sans se demander si ses paroles – les écritures ainsi dénommées ! – relèvent toutes de la "vraie", de la "pure" poésie.
Il avoue de toute façon, dès le prologue, que son bonheur sera complet si – et seulement si –, quelques-unes d’entre lesdites paroles, arrangées musicalement par un professionnel, sont un jour fredonnées, tels ces airs qui hantent les oreilles des mélomanes, longtemps après les avoir taquinées pour la première fois.
Et, dans l’épilogue, c’est la Déesse Poésie elle-même qu’il interpelle pour savoir s’il est, tout compte fait, un... poète !
Aux lecteurs, bien sûr, le droit d’en décider.