ANALYSE : La Commission de consolidation de la paix en République centrafricaine : vers un nouveau chapitre de paix
Par Multipol le samedi 20 décembre 2008, 08:49 - Crises et conflits - Lien permanent
Jean-Baptiste HARELIMANA
La RCA, qui s’étend sur 623 000km2, a connu une histoire marquée par de nombreux coups d’Etat qui ont fragilisé économiquement ce pays tout en inscrivant cette ancienne colonie française dans un cycle d’insécurité particulièrement préoccupant pour ses 3,9 millions d’habitants, classés parmi les plus pauvres du monde. Aujourd'hui, elle se caractérise avant tout par sa fragilité. Cette fragilité est particulièrement critique dans les institutions d'Etat et les processus politiques.
Cette situation est la conséquence d’un conflit multidimensionnel qui dure depuis plusieurs décennies marquées par le syndrome de la dépendance , comme le montrent les crises militaires et politiques survenues de 1996 à 2003. Le gouvernement peine à restaurer les fonctions administratives, économiques et sociales essentielles afin de répondre aux besoins les plus urgents de la population. L'autorité de l'Etat est concentrée dans la capitale et ses environs, ainsi que dans quelques villes. La faiblesse des institutions d'Etat et la quasi-absence d'une administration publique efficace à l'extérieur de Bangui ont amené certains à considérer la RCA comme un « Etat fantôme » . Si ce diagnostic est alarmant, le véritable enjeu est de parvenir à une thérapeutique adéquate. A ce propos, nombreuses sont les actions, interventions et énergies déployées pour trouver une issue durable à cette crise.
Au cours des dernières années, une prise de conscience a émergé, au sein de la communauté internationale, quant à l'importance de la consolidation de la paix et a son rôle essentiel dans le processus de paix. Si le souci d’institutions internationales d’apporter leur soutien à des Etats en crise n’est pas entièrement nouveau, il s’accompagne aujourd’hui d’une volonté de ne pas se contenter de la simple restauration de l’autorité de l’Etat et/ou de la fin des affrontements armés (internes ou internationaux). De plus en plus, les institutions internationales considèrent qu’une paix durable ne peut se concevoir qu’à la condition de promouvoir un système de gouvernement fondé sur les principes de la démocratie, de l’Etat de droit, de l’économie de marché et de la bonne gouvernance. Le plus difficile, dans ce domaine, est toujours de mettre en place des structures étatiques nouvelles et viables et de faire en sorte que l’aide extérieure permette aux sociétés sortant d’un conflit d’avancer efficacement vers une paix durable et de faire face aux défis de la mondialisation.
En effet, la mondialisation est pour certains synonyme de menace pour le respect des droits fondamentaux . Sans pour autant négliger les aspects positifs que la mondialisation peut entraîner d’un point de vue social sur les populations, il faut se rendre à l’évidence que le fossé entre le Nord et le Sud est une réalité. Celui-ci, malgré les efforts de ceux qui mettent tout en œuvre pour le combler, continue à se creuser. A l’heure actuelle, les famines qui ravagent régulièrement les pays d’Afrique subsaharienne (dont la RCA) représentent un triste exemple de ce déséquilibre. Ces pays se retrouvent intégrés dans un processus économique dont ils ne maîtrisent ni les règles ni la mise en œuvre et, dépendant souvent essentiellement du commerce de matières premières très spéculatives, ils subissent des soubresauts importants dans la valorisation de leurs produits. Cette situation entraîne bien évidemment des difficultés quant à la planification et l’organisation de leur développement économique et à la paix durable.
Dans ce contexte, la consolidation de la paix est un projet complexe, à long terme, qui implique des décisions fondamentales sur la façon de construire une « bonne » société et nécessite des initiatives officielles et informelles de mise en place d’institutions. Même s’il est encore trop tôt pour se prononcer sur l’action de la Commission de consolidation de la paix (CCP) des Nations Unies et son Bureau d’appui en République centrafricaine, il est certainement utile d’examiner certaines difficultés qui se posent à la Commission, et d’identifier certaines des contraintes qui pèsent sur elle et les grandes chances qui s’offrent à elle.
L’éruption récurrente de violence en République centrafricaine, un pays qui a accueilli ces dix dernières années quatre opérations de maintien de la paix par le passé, illustre la fragilité des situations post-conflictuelle et l’importance de la communauté internationale de ne pas crier à la victoire et de maintenir son effort tout au long des phases qui suivent celle du maintien de la paix. Les problèmes sont redoutables et nécessitent une large et solide alliance au niveau international.
- Voir la suite de l'analyse dans le texte en pièce jointe.

Commentaires
j'aimerais que vous donnez des informations qui son recent tel que la dialogue qui vient de passer et que la nomintion de premier ministre est tant attendu les centrafricain est vos observation que vous avez emunerer son exactement ce qui se passe en republique cetrafricaine.