ACTU : La Convention sur les droits des handicapées entrera en vigueur le 3 mai
Par Multipol le vendredi 2 mai 2008, 17:40 - Droit international - Lien permanent
Catherine MAIA
La Convention relative aux droits des personnes handicapées et son Protocole facultatif entreront en vigueur le 3 mai. Un texte particulièrement important pour les survivants des accidents causés par des mines terrestres, souligne le Service de la lutte anti-mines des Nations Unies.
« La Convention ne crée pas de nouveaux droits pour les personnes handicapées mais elle clarifie les obligations légales des États quant à la promotion, la protection et la garantie de tous les droits fondamentaux pour les personnes handicapées », explique un communiqué publié aujourd’hui à New York. Le texte aborde en effet la question de l’accès, de l’inclusion, de la participation et de la non-discrimination. Il crée aussi le Comité sur les droits des personnes handicapées, un nouvel organe de contrôle du traité, chargé de surveiller sa mise en oeuvre. Pour John Flanagan, du Service de la lutte anti-mines des Nations Unies, la nouvelle Convention revêt une importante particulière pour les survivants d’accidents causés par des mines terrestres et des restes explosifs de guerre.
« Trop souvent, les victimes de mines terrestres sont exclus de leur communauté », explique-t-il, comme les enfants blessés qui doivent quitter leur école. « Cette nouvelle Convention va permettre de niveler l’accès aux services et aux opportunités », se félicite John Flanagan. L’entrée en vigueur de la Convention intervient 30 jours après que le Secrétaire général a reçu les vingt premières ratifications. L’Équateur a été le 20ème pays à ratifier le texte, le 3 avril dernier. Les 25 États qui, à ce jour, ont ratifié la Convention sont les seuls à être tenus de respecter ses dispositions.
Commentaires
Curieux le monde d'aujourd'hui, voilà un nouveau traité qui vient embellir l'arsenal juridique de l'ONU. Visiblement le rôle de l'ONU est cantonné dans la gestion des conséquences des conflits et non pas des conflits. En sorte, l'ONU dont il lui incombe d'abord la prévention à travers le maintient de la paix et de la sécurité, se transforme en une institution incapable d'improviser et d'agir... et donc on lui laisse le soin d'intervenir a posteriori. C'est toute la vocation de l'ONU qui est en train de subir un revirement. En effet, ne rien faire ou presque en matière de démilitarisation, de vente des armes, de multiplication des conflits armés…et dont les superpuissances tirent les bénéfices…, l’ONU doit quelque part justifier sa présence, l’adoption d’une nouvelle convention en faveur des mutilés de guerre sert entre autres à ça...
C'est en effet le cas et depuis longtemps. Le Professeur Haydar Cakmak, responsable du département Relations internationales à l'université de Gazi à Ankara, expliquait il y a quelques jours, que si la Turquie avait très tôt misé sur l'OTAN, c'est d'une part qu'elle avait pris le parti d'une défense collective et mutualisée, mais c'est aussi et surtout parce que, à son sens, l'ONU n'était opérationnel qu'en matière de rétablissement de la paix et de gestion de crise ouverte, alors que l'OTAN permettait la prévention et la résolution efficace de ces mêmes conflits militaires.
Certes, la fondation de l'ONU visait à la prévention de tels conflits, mais le Conseil de Sécurité, neutralisé par la politique de la chaise vide pratiquée par Moscou durant plusieurs décennies, a ruiné ces prétentions et donné à l'OTAN l'occasion de combler l'espace laissé vacant en matière de prévention et de résolution militaire des conflits de même nature.