ACTU : Kosovo : l'indépendance, et après ?
Par Multipol le lundi 18 février 2008, 10:24 - Politique étrangère / Interculturel - Lien permanent
Catherine MAIA
Le Kosovo vient de proclamer, le 17 février, de manière unilatérale son indépendance. Cette décision, longtemps attendue, est présentée comme inéluctable après l’échec programmé des discussions entre Belgrade et Pristina. Parviendra-t-elle à calmer les tensions engendrées par le statu quo qui prévaut depuis l’instauration du protectorat international en 1999, ou ne risque-t-elle pas, au contraire, de rallumer tous les brasiers mal éteints de la région ? Et que sera le Kosovo de demain, « indépendant » mais sous contrôle, et sans aucune perspective économique viable ?
Durant deux années, le gouvernement serbe et les autorités albanaises du Kosovo ont mené des « négociations » qui, par bien des aspects, n’ont été qu’un théâtre de faux-semblants. D’entrée de jeu, les Etats-Unis avaient fixé les règles, en déclarant que l’issue - l’indépendance - était inéluctable. Alors que cette option était et demeure inacceptable pour Belgrade, aucune tentative réelle de dégager un compromis n’a jamais été entreprise. Pour sa part, la Serbie avait fondé toute sa stratégie sur le soutien de la Russie et sur les principes du droit international, réclamant le respect de la résolution 1244 du Conseil de sécurité des Nations unies, qui reconnaît explicitement la souveraineté serbe sur le Kosovo.
D’après les dirigeants de Pristina, la proclamation d’indépendance du Kosovo est censée résulter d’un processus « concerté » avec les principaux acteurs de la scène internationale. Pourtant, la cacophonie semble l’emporter. En effet, l’Union européenne est profondément divisée sur le sujet. Certains de ses Etats membres (l’Espagne, la Grèce, Chypre, la Roumanie et la Slovaquie) n’envisagent pas de reconnaître immédiatement l’indépendance du nouvel Etat, même s’ils ne devraient pas s’opposer à l’envoi de la mission européenne Eulex, qui reprendra une partie des compétences détenues depuis juin 1999 par la Mission des Nations unies au Kosovo (Minuk), notamment dans les domaines de la police et de la justice.
- Lire la suite de cet article inédit de Jean-Arnault DÉRENS sur le site du Monde diplomatique ©.
Commentaires
Aussitôt après la déclaration d’indépendance par les autorités du Kosovo, le Conseil de sécurité s'est réuni par deux fois, le 17 et le 18 février, sur cette question, se montrant particulièrement divisé.
Malgré le plaidoyer du Président serbe, Boris Tadic, les États-Unis, la France et le Royaume-Uni, membres permanents du Conseil de sécurité, ainsi que la Belgique, la Croatie et l'Italie, membres non permanents, ont annoncé le lancement de leurs procédures diplomatiques de reconnaissance d'un Kosovo indépendant.
« La Serbie n'acceptera jamais cette indépendance de sa province, a réaffirmé le président Tadic, invoquant « une violation flagrante » de la résolution 1244 (1999) et des principes de souveraineté et d'intégrité territoriale consacrés par la Charte des Nations Unies.
« Si vous fermez les yeux aujourd'hui sur cet acte unilatéral et illégal, qui vous dit qu'une partie de votre propre pays ne proclamera pas un jour à son tour son indépendance de la même manière illégale ? Êtes-vous conscients du précédent que cela représente et des conséquences catastrophiques qu'il pourrait avoir ? », a demandé le président Tadic aux États membres du Conseil « qui connaissent les mêmes problèmes que la Serbie ».
D'autres membres du Conseil ont exprimé leur réticence : avec d'autres délégations, le représentant de la Chine a rappelé que son pays avait toujours plaidé pour une solution négociée mutuellement acceptable par les parties. Son homologue de l'Indonésie s'est demandé avec suspicion pourquoi certains membres du Conseil ont renoncé si vite à soutenir les négociations sur le statut du Kosovo alors qu'ils continuent d'appeler au dialogue dans d'autres conflits plus anciens.
L'échec des négociations, qui ont duré deux longues années, ont rétorqué les pays interpellés, a montré l'impossibilité de concilier les points de vue en présence sur la question du Kosovo. Le statu quo était devenu intenable, ont insisté des délégations comme celles des États-Unis et de la France, en arguant que la large adhésion au Plan de l'Envoyé spécial du Secrétaire général, l'ex-président finlandais Martti Ahtissari, qui a préconisé l'indépendance sous supervision internationale, dans un premier temps, a prouvé qu'il s'agissait de la seule option réaliste et viable.
Antonio Cassese, l'un des plus grands spécialistes du droit international, était de passage à Genève en février. Il donne son point de vue sur l'indépendance de l'ex-province de Serbie et le Darfour dans le quotidien LE TEMPS :
«La sécession du Kosovo crée un précédent qui peut être dangereux», Isolda Agazzi, 27 février 2008.
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Le Kosovo s'est déclaré indépendant .
Pourquoi est-ce aux autres pays Européens de le reconnaître ou non?
Si le Kosovo n'a pas l'unanimité quel en sera les conséquences?
Et dernièrement, mise à part une raison éthique, y a t-il d'autres raisons au refus de reconnaissance de certains pays?
Je vous remercie de m'éclairer,
David
La démission du Premier Ministre Kostunica confirme les craintes de crise politique majeure en Serbie.
Les élections législatives qu'elle entraine vont être déterminantes pour l'avenir du pays.
Les Serbes sont ainsi une nouvelle fois placés devant le choix entre des dirigeants plutôt pro-européens et des dirigeants nationalistes que l'"affaire du Kosovo" a rendu encore plus anti-européens qu'auparavant. Si les premiers ont gagné le suffrage présidentiel il y a quelques semaines à peine, les seconds pourraient bien gagner ce prochain scrutin au vu de l'exacerbation des tensions depuis la proclamation de l'indépendance du Kosovo et entraîner encore un peu plus la Serbie dans une guerre civile...
http://afp.google.com/article/ALeqM...