OUVRAGE : "Peut-on réparer l'histoire ? Colonisation, esclavage, shoah"
Par Multipol le dimanche 17 février 2008, 10:01 - Droits de l'Homme / Droit humanitaire - Lien permanent
Catherine MAIA
Alors que rebondit le débat autour de la repentance et de la colonisation, les tribunaux civils sont de plus en plus sommés d'indemniser les "préjudices de l'hitoire". On savait, depuis Nuremberg, que la justice pénale internationale pouvait juger les dirigeants, mais voici que, à présent, le droit privé est convoqué pour solder les comptes de l'histoire : spoliations des Juifs durant la Seconde Guerre mondiale, stérilisation de populations colonisées, occupation des terres des aborigènes, par exemple.
Le mal dans l'histoire est-il un préjudice qu'on peut réparer ? L'indemnisation financière peut-elle ouvrir la voie à une réconciliation ? Les victimes y trouvent-elles vraiment le reconnaissance qu'elles cherches ? Ne s'agit-il pas là d'une marchandisation de la justice ?
Une enquête inédite sur une nouvelles façon de panser les plaies de l'histoire.
Antoine GARAPON, Peut-on réparer l'histoire ? Colonisation, esclavage, shoah. Parution février 2008, aux éditions Odile Jacob (287 pages).
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Antoine GARAPON, magistrat, a fondé l'IHEJ et est membre du comité de rédaction de la revue Esprit. Il a notamment publié Le Gardien des promesses, Bien juger, Des crimes qu'on ne peut ni punir ni pardonner, Juger en Amérique et en France.

Commentaires
Réparer l'histoire... Assurément pas. Par contre, il peut y avoir réparation pour les préjudices subis.
Ce texte non remanié que j'ai adressé à un ami qui m'indiquait la réponse de B Obama aux associations noires qui réclament réparation des préjudices de l'esclavage:
Premier constat et pas des moindres, l'attente des noirs est énorme, importante et jamais comblée, d'une vie meilleure et égalitaire. Les noirs attendent que leur soit reconnu ce qu'un homme doit pouvoir posséder, c'est-à-dire la dignité : vivre comme un homme doit vivre : Un emploi, de l'éducation, mais aussi construire et vivre ensemble.
Exiger, avant même qu'un noir ne soit élu, des réparations de la déportation, de l'esclavage? Parfait. Et après? Les noirs se sentiront t'ils mieux dans leur peau de noir? vivront-ils mieux avec les blancs, ces derniers seront 'ils moins racistes ? Les noirs idem ? Le regard des blancs changera t'il après réparation des méfaits de leurs pères. Quant aux programmes, je ne sais pas ce qu'ils recouvrent, mais il me semble qu'inévitablement les conséquences de l'esclavage sont au cœur de la Psyché des descendants d'esclaves d’où qu'ils se trouvent et les blancs partagent cette "tare", d'une façon différente.
Obama ne peut s'aliéner les blancs au bénéfice des noirs, il doit être le Président d'une nation multiculturelle, multiraciale, le père d'une Nation où toutes les origines peuvent s'identifier. Les séquelles de l'esclavage s'estomperont s'il est capable de construire une société plus juste. L'exigence d'aujourd'hui doit être la reconnaissance mutuelle. Et Obama élu est un signe vers cette reconnaissance de l'autre semblable et différent.
Ces associations se trompent en pressant Obama vers une réparation et autre compensation de l'histoire. Les générations futures feront naturellement ce chemin si elles savent regarder dans la bonne direction. Je suis vraiment contre ce qu'on appelle réparation de l'histoire. Culpabiliser l'autre, fils et filles d'esclavagistes, un bon ingrédient pour tout faire sauter. Je crois plutôt à un cheminement des hommes vers ce qui peut leur permettre de se reconnaître comme humain, et c'est vrai, cela passe par une doctrine égalitaire de tous les instants.