Au fil du temps, cet événement sportif majeur qui a été élevé, dans les pays de passage, au rang de « tradition nationale », a toujours généré des retombées bénéfiques multiples économiques, culturelles et politiques au profit de ces pays, malgré la multiplication des accidents et le nombre croissant de victimes renversées par des engins roulants qui a soulevé bien des protestations et des demandes d’indemnisation, qui ont rarement abouti. L’économie autour du rallye Dakar est colossale. Avec un budget propre qui s’élève à plus de 15 millions d’euros hors recettes télévision, les organisateurs de la course et tous leurs prestataires vont être durement touchés.

Alors que la bruyante caravane est devenue un indicateur principal de stabilité politique pour les pays traversés, chaque année, le tracé du parcours de la course obéit autant à des critères géopolitiques qu’à la difficulté du terrain, qui est le principal attrait pour les pilotes et les constructeurs. Se composant de 15 grandes étapes de pistes d’aventures, dont 8 (les plus difficiles) se déroulent habituellement sur le territoire mauritanien, le rallye Dakar revêt un intérêt particulièrement important pour ce pays, car les divers reportages diffusés sur le patrimoine touristique et culturel mauritanien par les médias internationaux au cours du passage du rallye en Mauritanie sont d’un apport inestimable pour le pays. La décision d’annulation du rallye « choquante » pour des uns, « frustrante » pour des autres, intervient dix jours après deux attaques sanglantes perpétrées par des « hommes armés non identifiés » (HANI), provoquant la mort de quatre touristes français tués près d’Aleg, à 250 km au Sud-est de Nouakchott, et de trois soldats mauritaniens tués, également, près de la garnison militaire d’El-Ghelawiya à 370 km au Nord-Est d’Atar. L’appréciation de l’état d’insécurité ambiante en Mauritanie, qui sous-tend la décision d’annulation du rallye, est autant controversée que préoccupante.

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Mode officiel de citation : Mohamed Saleck OULD BRAHIM, « La Mauritanie, Al-Qaïda et les autres », Multipol, janvier 2008, <http://www.multipol.org>.