ACTU : Benazir Bhutto tuée dans un attentat-suicide au Pakistan
Par Multipol le jeudi 27 décembre 2007, 22:17 - Politique étrangère / Interculturel - Lien permanent
Catherine MAIA
L'ancien Premier ministre pakistanaise Benazir Bhutto est morte aujourd’hui dans un hôpital de Rawalpindi, des suites de ses blessures après un attentat-suicide qui a visé un de ses meetings dans la banlieue d'Islamabad. Au moins 20 personnes ont été tuées dans l'attaque et 56 blessées selon un premier bilan. D'après la police, le kamikaze a tiré plusieurs coups de feu en direction de Mme Bhutto au moment où celle-ci quittait une réunion électorale organisée dans un parc public. Ayant réussi à toucher au cou l'opposante pakistanaise, l’homme se serait ensuite fait exploser.
Benazir Bhutto avait 54 ans. Après avoir passé huit années en exil à Londres, elle était revenue au Pakistan il y a seulement deux mois pour préparer les élections législatives de 2008. Ce drame est le dernier en date d'une série record d'attentats suicide dans l'histoire du Pakistan, qui ont fait plus de 780 morts durant l’année 2007. Le plus meurtrier avait déjà visé une manifestation du parti de Mme Bhutto : le 18 octobre dernier, deux kamikazes avaient tué 139 personnes dans un gigantesque défilé de sympathisants qui célébraient, à Karachi, le retour de l'ex-Premier ministre.
Les réactions du monde entier ne se sont pas faites attendre. La Russie a, la première, condamné fermement cet assassinat. Le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a exprimé sa « très grande émotion » et condamné fermement cet « acte odieux ». Les États-Unis ont également réagi très rapidement pour condamner la violence. Le Vatican parle d'attentat « tragique et terrible ». L'Inde dénonce un « acte abominable ». Bruxelles condamne une « attaque contre la démocratie ». De son côté, le ministre britannique des Affaires étrangères, David Miliband, s'est déclaré « profondément choqué » et a appelé « à la retenue mais aussi à l'unité ». Le Conseil de sécurité de l'ONU a décidé de tenir une réunion d'urgence.
Dans le pays, alors que la tension est très vite montée après la nouvelle, la police a été placée en alerte rouge. A Jacobabad, le principal tribunal a été incendié. A Peshawar, la police pakistanaise a dispersé à coups de bâton et de gaz lacrymogène des manifestations de partisans de l'ex-Premier ministre. Plus d'une centaine de partisans de Mme Bhutto bloquaient l'artère principale de la grande ville où ils ont incendié des panneaux d'affichage en scandant des slogans hostiles au Président Pervez Musharraf alors que le chef de l'État pakistanais présidait à Islamabad une réunion d'urgence. Celui-ci a appelé la population au calme après la mort de sa principale opposante.
Commentaires
comment s'étonner d'un tel acte? quand l'occident, USA en tête, a tout fait, au plus large sens de l'expression, pour faire " arriver " ( le mot est faible ) un soldat à sa botte , à sa solde,au sommet de l'Etat, au mépris de ce qu'il est convenu d'appeler dans la terminologie occidentale " démocratie " ?Ce dictateur appuyé par les USA afin de servir les basses oeuvres hégémoniques de ce pays est certainement pour quelque chose dans ce crime odieux! les larmes de crocodile du criminel Bush auront vite fait cependant de sécher avant que l'occident tout entier cette fois, ne " salue " la démocratie dans le cadre d'élections " pipées " comme il en a souvent fait montre !
Après les journées de violences et de tension politique extrême qui ont suivi l’assassinat de de l'ancienne Première ministre Benazir Bhutto, la date des élections législatives a finalement été repoussée du 8 janvier au 18 février 2008, ce qui devrait permettre d'apaiser les esprits. Le chef de l'État, Pervez Musharraf, a lancé un appel à l'unité nationale pour "combattre les extrémistes" et organiser "dans la paix" des élections dont "l'ajournement était inévitable".
Hier, ce dernier s'est une nouvelle fois offusqué que l'on puisse mettre en cause le gouvernement ou les services de renseignement dans l'assassinat de Benazir Bhutto. Sous le feu des questions de la presse internationale, M. Musharraf a assuré que, bien que n'était pas entièrement satisfait de l'enquête pakistanaise en cours, le gouvernement ou les services de renseignement n'ont pas tenté de cacher des "secrets" et démenti fermement toute implication dans l'assassinat de Benazir Bhutto, alors que des soupçons pèsent sur un groupe lié à Al-Qaida.