ACTU : Grande manifestation en faveur de l'unité de la Belgique
Par Multipol le dimanche 18 novembre 2007, 16:24 - Politique étrangère / Interculturel - Lien permanent
Catherine MAIA
Entre 25 000 et 35 000 francophones et néerlandophones ont manifesté ensemble aujourd’hui à Bruxelles en faveur de l'unité de la Belgique, en réaction à la grave crise politique qui, depuis 5 mois, empêche la formation du gouvernement et fait peser sur le pays la menace d'une scission entre Flamands et Wallons.
De nombreux drapeaux aux couleurs de la Belgique, noir, or et rouge, étaient brandis par la foule rassemblée dans un parc pour chanter l'hymne national et écouter les orateurs exhorter la classe politique à tout faire pour maintenir l'unité de la fédération.
Le rassemblement est né à l'initiative d’une fonctionnaire de Lièges, Marie-Claire Houart, qui a recueilli en trois mois 140 000 signatures sur une pétition appelant à l'unité de la Belgique, pétition remise symboliquement à la fin de la manifestation au président du Sénat, Armand De Decker.
La question du degré d'autonomie des régions néerlandophones et francophones bloque la formation d'un gouvernement de centre-droit depuis les élections du 10 juin dernier.
D'un côté, tous les partis représentant les 6 millions de néerlandophones demandent davantage d'autonomie, si ce n’est pour certains l'indépendance. Les 4,5 millions de francophones, en revanche, estiment que la Flandre au nord et la Wallonie au sud ont récupéré suffisamment de compétences fédérales depuis 25 ans.
Officiellement, les négociations menées par le chrétien-démocrate flamand Yves Leterme sont suspendues depuis plusieurs jours, après un coup de force des députés néerlandophones qui ont voté au Parlement une proposition de loi réduisant certains droits des francophones dans la périphérie flamande de Bruxelles.

Commentaires
Et moi qui voulais ouvrir ma thèse sur les groupes de pression avec la devise de la Belgique: "l'union fait la force"...
Après 196 jours sans gouvernement fédéral en Belgique, le cabinet provisoire constitué le 21 décembre par le libéral flamand Guy Verhofstadt a obtenu la confiance pour mener les affaires du pays jusqu'en mars prochain. La nouvelle équipe a été approuvée par 97 voix contre 46 à la Chambre des députés, avec une seule abstention.
Avec 13 nouveaux ministres, les Belges peuvent espérer voir leurs priorités prises en compte. Tous ont prêté serment devant le roi Albert II, deux jours après la conclusion par cinq partis politiques d’un accord mettant un terme à une crise enclenchée au soir des élections législatives du 10 juin dernier.
Guy Verhofstadt a aussitôt exhorté flamands et francophones à mettre fin à leur « méfiance réciproque ».
Les revendications de la Flandre néerlandophone (au Nord) pour une plus grande autonomie, face aux francophones qui veulent conserver un État fédéral fort, garant d’une solidarité entre les régions sont l’objet de graves dissensions.
Alors que l’Union Européenne tente – difficilement – de pacifier les problèmes de la Serbie et du Kosovo, un tel conflit dans une capitale européenne par excellence s’avère très embarrassant.
Guy Verhofstadt a appelé les députés pour un « pacte » entre les deux communautés : « Nous devons opter pour la voie qui a toujours constitué le fondement de notre prospérité, la voie du dialogue », a-t-il dit, devant des députés qui ont voté le 23 décembre la motion de confiance. Dès le 9 janvier, un groupe de travail pluraliste travaillera à cette réforme des institutions.
Reste à espérer que la Belgique réussira à prouver au monde, et à l’Europe en particulier, que l’unité des peuples est possible en total respect avec les cultures...