ACTU : Le Président français accusé à l’ONU de légitimer le racisme
Par Multipol le lundi 12 novembre 2007, 01:22 - Politique étrangère / Interculturel - Lien permanent
Catherine MAIA
S’exprimant, le 7 novembre, sur «la recrudescence des phénomènes de racisme à travers le monde» et sur leur «banalisation politique», voire leur «légitimation démocratique», Doudou Diène, le Rapporteur spécial de l’ONU sur les formes contemporaines de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et de l’intolérance, s’est inquiété, devant la troisième commission de l’Assemblée générale, d’une tendance récente à la «légitimation intellectuelle du racisme (…) sous couvert de la défense de l’identité et de la sécurité nationale».
Il a cité deux exemples de personnalités ayant prononcé des discours légitimant le racisme. D’une part, le Prix Nobel de médecine James Watson, contraint à la démission pour ses propos sur la prétendue infériorité intellectuelle des personnes d’ascendance africaine. D’autre part, Nicolas Sarkozy pour son discours, le 26 juillet dernier à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, au Sénégal : «Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire» ; «Le problème de l’Afrique, c’est qu’elle vit trop le présent dans la nostalgie du paradis perdu de l’enfance» ; «Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n’y a de place ni pour l’aventure humaine, ni pour l’idée de progrès», avait alors déclaré le Président français à la jeunesse africaine. Or, pour le juriste sénégalais, nommé expert indépendant sur le racisme en 2002 par la défunte Commission des droits de l’Homme de l’ONU, l’affirmation selon laquelle les Africains ne sont pas entrés dans l’histoire est un «stéréotype fondateur des discours racistes des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles» qui a causé une «blessure profonde» chez les intellectuels africains.
Doudou Diène a également dénoncé «la criminalisation et le traitement exclusivement sécuritaire des questions relatives à l’immigration». «En France, le projet de loi introduisant les tests ADN dans la procédure de traitement administratif des postulants au regroupement familial constitue aussi une illustration de cette stigmatisation de l’immigré», a-t-il ajouté.
Cette offensive, alors que Nicolas Sarkozy était en déplacement officiel aux États-Unis, a suscité un vent de panique chez les diplomates français en poste à l’ONU. Ces derniers se sont empressés de condamner les accusations «infondées et irresponsables» de Doudou Diène, en expliquant que, dans ses discours comme dans ses actes – notamment avec la nomination de ministres issus de l’immigration –, le chef de l’État français avait toujours démontré que la lutte contre le racisme faisait partie de ses priorités.

Commentaires
Africains, vos tests ADN !
Un Hortefeux au service d’un Fougueux !
Un Conseil Constitutionnel avec deux… Gâteux ? !
Et c’est un test ADN, même tortueux,
Qui est institué pour, toute Famille… Africaine, rassembler !
Pour la France, on pouvait espérer des responsables d’une autre stature !
À quoi le Cher Pays va-t-il bientôt ressembler ?
Vivement une différente Législature !
Mais dans l’attente d’une telle échéance, hypothétique,
Qu’elle imagine vite la réciprocité, l’Afrique !
Cheick Oumar KANTÉ
Au sujet des tests ADN, le Conseil constitutionnel français, par une décision en date du 15 novembre 2007, a jugé, sous certaines réserves, ces tests conformes à la Constitution.
Ci-dessous, le communiqué de presse relatif à cette décision.
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Décision n° 2007-557 DC - 15 novembre 2007
Loi relative à la maîtrise de l'immigration, à l'intégration et à l'asile.
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Le Conseil constitutionnel a été saisi par 60 députés et 60 sénateurs de la loi relative à la maîtrise de l’immigration, à l’intégration et à l’asile.
Par sa décision n° 2007-557 DC du 15 novembre 2007, le Conseil constitutionnel a, d’une part, sous certaines réserves, jugé conforme à la Constitution l’article 13 de la loi déférée relatif aux « tests ADN » et, d’autre part, annulé l’article 63 de la même loi relatif aux « statistiques ethniques ».
I – Le Conseil constitutionnel a, sous certaines réserves, jugé conforme à la Constitution l’article 13 de la loi déférée relatif aux « tests ADN ».
Cet article 13 fixe les conditions et les modalités permettant à un enfant mineur demandeur d’un visa d’une durée supérieure à trois mois, ou à son représentant légal, de solliciter dans le cadre du regroupement familial qu’il soit procédé à son identification par ses empreintes génétiques pour apporter un élément de preuve d’une filiation déclarée avec sa mère lorsqu’il n’a pas été possible d’apporter cette preuve au moyen d’un acte de l’état civil.
Le Conseil constitutionnel a relevé qu’en posant ces règles le législateur n’a pas entendu appliquer aux étrangers le droit français de la filiation. Il n’a pas dérogé aux règles du droit international privé posées par le code civil. Ainsi la filiation de l’enfant étranger reste en principe soumis à la loi personnelle de la mère étrangère. Le Conseil a jugé que la loi déférée n’avait ni pour objet ni pour effet de créer un droit spécial réservé aux étrangers, tant quant à l’établissement du lien de filiation qu’à sa preuve. Tous les modes de preuve reconnus par la loi personnelle de la mère étrangère pourront donc être utilisés. En particulier, l’article 13 n’est pas applicable à la filiation adoptive qui continuera à se prouver par la production d’un jugement. Sous ces réserves, qui assurent l’égalité entre tous les modes d’établissement de la filiation, la loi ne pose pas de distinctions relatives à l’état des personnes contraires au principe d’égalité.
Le Conseil a par ailleurs jugé qu’en limitant la nouvelle faculté de « test ADN » à l’établissement d’une filiation avec la mère, le législateur a, comme il devait le faire, pris en compte d’autres principes de valeur constitutionnelle : le droit à une vie familiale normale, le respect de la vie privée de l’enfant et du père et la sauvegarde de l’ordre public, qui inclut la lutte contre la fraude. Le Conseil a estimé que la conciliation entre ces différents principes n’était pas manifestement déséquilibrée par le nouveau dispositif qui est subordonné à une demande de l’intéressé.
Les autres distinctions posées par la loi et son décret d’application sont, également, dans le cadre d’une expérimentation, conformes à la Constitution car elles se fondent sur la carence de l’état civil de l’Etat étranger.
Au total, l’article 13 ne dispense pas les autorités diplomatiques ou consulaires de vérifier, au cas par cas, la validité et l’authenticité des actes de l’état civil produit, dont la force probante reste régie par l’article 47 du code civil. Sous cette autre réserve, qui interdit une application systématique du recours aux « tests ADN » dans les Etats où se déroulera cette expérimentation, l’article 13 ne porte pas atteinte au droit de mener une vie familiale normale constitutionnellement garantie.
II – Le Conseil constitutionnel a jugé contraire à la Constitution l’article 63 de la loi déférée relatif aux statistiques ethniques.
Cet article 63 permet, sous réserve d’une autorisation de la CNIL, la conduite d’études portant sur la mesure de la diversité des origines des personnes, de la discrimination et de l’intégration.
Le Conseil constitutionnel a doublement examiné cet article :
- D’une part, il a jugé que si les traitements nécessaires à la conduite des études sur la mesure de la diversité des origines peuvent porter sur des données objectives, ils ne sauraient reposer sur l’origine ethnique ou la race. L’article 63 ne prenait pas en compte ce principe énoncé par l’article 1er de la Constitution.
- D’autre part, et en tout état de cause, l’amendement dont est issu l’article 63 était dépourvu de tout lien avec la loi déférée qui ne comportait à l’origine que des dispositions liées à l’entrée et au séjour des étrangers en France. De ce seul fait, l’article 63, ayant été adopté au terme d’une procédure irrégulière, a été annulé.
Le Conseil constitutionnel ne s’est pas d’office saisi d’autres articles pour examiner leur conformité à la Constitution.
Source : site du Conseil constitutionnel français (http://www.conseil-constitutionnel....)
Que pouvait espérer Nicolas Sarkozy après avoir prononcé le tristement célèbre discours de Dakar devant des intellectuels de la plus haute stature ? Une onction ? Un adoubement ? Ou des réactions à la hauteur de ses insultes enrobées de proses ?
Nicolas S. devrait s'inspirer des paroles prononcées dernièrement par sa jeune protégée (Ramata Yade) au sein de l’hémicycle de l’Assemblée nationale : "l'Afrique à papa, c'est fini !" disait-elle, virulente. Eh bien, Qu’il en prenne acte et renonce, une bonne fois pour toute, à faire la morale aux peuples d'Afrique, ceci sur un ton paternalisant.
Non, Henri Guaino, "l'homme de l'ombre" et élaborateur du discours de Dakar n'est pas encore suffisamment savant pour comprendre que l'Africain n'est pas que le "paysan évoluant au gré des saisons et incapable de prendre les devants..". Ce paysan africain sait aujourd'hui et plus que jamais, que l'OMC, le FMI et la Banque Mondiale n'assistent pas les peuples africains, pour leur bien ou leur salut. On le sait et "Bamako", le film d'Abderahmane Sissoko a apporté la preuve et l'origine des difficultés dans lesquelles se trouvent empêtrés les paysans maliens.
Les Français vivant sur le territoire africain, savent désormais et avec ce discours, à quoi s'en tenir. Toute réaction extrêmiste et dommageable à leur égard ne viendrait pas de "nulle part". Je tourne mon regard vers le Tchad..
Certes, il est tôt pour mesurer les effets du "faux pas africain" de Nicolas S. (Voir Philippe Bernard « Le Monde »), mais il est certain que les relations franco-africaines en prendront un sérieux coup et que l'Histoire retiendra..
Halte aux faux débats !
À qui profite le faux débat sur la colonisation « bienfaitrice » pour l’Afrique et sur la repentance « indispensable » de l’Europe colonisatrice ?
À certains dirigeants africains et européens, assurément. Certainement pas aux jeunes générations des deux côtés du « Rubicon » !
Et, à cet égard, la fusion de l’immigration et de l’identité dans un même ministère en France est plus que dommageable pour l’apurement du passé, souhaitable dans un avenir proche.
Puissent les extraits suivants aider à sortir de l’alternative, on ne peut plus, fallacieuse !
1. « Les jeunes générations d’Africains ne sont pas vindicatives et ne savent pas grand-chose de l’esclavage de leurs vrais ancêtres que même certains de leurs arrières-grands-parents n’ont découvert que tardivement. La colonisation elle-même, elles n’en savent pas davantage. Mais elles sont tous les jours frontalement percutées par la globalisation sauvage inspirée par la vulgate ultra-libérale.
À l’esprit de la plupart, il ne viendrait jamais de vouloir manger du pain des réparations matérielles des dommages subis par leurs ancêtres au cours de leur douloureuse histoire au nom d’une vertu que, dans une certaine langue africaine, le peul en l’occurrence, les équivalents français comme la décence, la retenue ou l’abnégation ne traduisent que trop imparfaitement. »
Tiré de : "Et, ils continuent de se payer de « bons mots » !"
2. « Le problème n’est pas tant que l’Histoire ait été tout ce qu’elle a été mais bien que le présent soit ce qu’il est et augure si mal de ce que sera le futur ! (...) Il faudrait vraiment que certains historiens aient trop longtemps été « confinés en laboratoire » ! Qu’ils n’aient plus de vue sur les champs mettant en présence les protagonistes de l’Histoire ! Pour qu’ils ne se soient pas aperçus, par exemple, que le communisme, lui, est à l’article de la mort alors que le néo-nazisme, le néo-fascisme, les croisades et les « djihads » sont bien vivaces. Autrement, ils constateraient aussi que le mercantilisme naguère colonial est maintenant mondial. Que les armes les plus dangereuses sont partout disséminées. Que l’obscurantisme réinvestit les esprits. Qu’après l’individualisme, le communautarisme ruine les efforts d’entente mutuelle. Qu’il suffirait de la plus petite étincelle, bien orientée, pour faire sauter la planète ! ...
Quant aux « bienfaits de la colonisation », (…) polémique (…) elle-même anachronique ! (...) Par refus d’adhésion aux raisonnements paradoxaux voire cyniques du même genre et par respect tout simplement pour la dignité humaine, il n’est pas indispensable de renvoyer à la figure de leurs thuriféraires « les aspects bénéfiques » d’autres horreurs historiques les concernant de plus près, eux-mêmes ou leurs familles. »
Tiré de : "Anachronismes ! Vous avez dit Anachronismes ?"
Ces deux articles sont contenus dans « Pourquoi, diable, ai-je voulu devenir journaliste ? » L’essai a paru chez Menaibuc à Paris en 2004 et dans une édition augmentée en 2007.