ACTU : Washington prévoit un important plan de vente d’armes au Moyen-Orient
Par Multipol le mardi 31 juillet 2007, 12:20 - Sécurité internationale et défense - Lien permanent
Marine CORGIE
La Secrétaire d’Etat américaine, Condoleeza Rice, a annoncé la semaine dernière la volonté de l’administration Bush de vendre en dix ans pour 20 milliards de dollars (soit 14,6 milliards d'euros) d'équipements militaires à l'Arabie saoudite, à l’Egypte et à cinq autres pays du Golfe (Qatar, Bahrein, Koweït, Oman, Emirats arabes unis). Il s’agit du plus important montant de ventes d’armes de la présidence de George W. Bush.
En augmentant ainsi les capacités de défense de ses alliés sunnites du
Golfe, Washington entend consolider un bloc susceptible de faire contrepoids à
l'influence de l'Iran dans la région. Les Etats-Unis espèrent également
associer plus étroitement l’Egypte et l’Arabie Saoudite au processus de
stabilisation en Irak. La Secrétaire d’Etat américaine a toutefois affirmé
qu’il ne s’agissait aucunement d’une contrepartie mais que cette coopération
renforcée visait à lutter contre l’extrémisme islamiste : «ces mesures
permettront de soutenir les partisans de la modération et, dans le cadre d'une
stratégie plus large, contribueront à lutter contre les influences négatives
d'Al Qaïda, du Hezbollah, de la Syrie et de l'Iran».
Face aux critiques émises par Téhéran, qui accuse Washington de chercher à
déstabiliser la région, Condoleeza Rice s’est défendue de vouloir engager une
nouvelle course aux armements et a déclaré que «s'il y a une
déstabilisation de la région, elle est à mettre au passif du régime
iranien». «Il n'y a rien de neuf», a-t-elle ajouté, «dans le
fait que les Etats-Unis coopèrent avec leurs alliés dans le domaine de la
sécurité. Nous sommes également déterminés à entretenir l'équilibre des forces,
les équilibres militaires et stratégiques».
En parallèle, le projet prévoit une augmentation de l'aide militaire à
Israël, qui s’élèverait à 25%, selon le premier ministre israélien Ehoud
Olmert. L'aide américaine doit permettre à Tsahal de reconstituer ses stocks et
de maintenir son avance technologique vis-à-vis de la Syrie et l'Iran. Selon
Amir Oren, chroniqueur du quotidien Haaretz, «chaque fois qu'un
président américain cherche à renforcer un régime arabe ami du Moyen-Orient
pour le protéger d'un coup d'Etat, Israël fait part de ses objections. Malgré
cela, les Etats-Unis vont au bout du projet, mais n'oublient pas en chemin une
compensation pour Israël».
Etant donné l’ampleur du projet, celui-ci devra être approuvé par le Congrès
américain, en septembre prochain. Un certain nombre de représentants démocrates
ont d’ores et déjà fait part de leur intention de bloquer la vente des
armements, en particulier en direction de Riyad, dont la lutte contre le
terrorisme est jugée nettement insuffisante.
