ACTU : Alerte du HCR sur l’absence de solution pour le retour des réfugiés de l'Est du Tchad et du Darfour
Par Multipol le lundi 23 juillet 2007, 11:30 - Droits de l'Homme / Droit humanitaire - Lien permanent
Catherine MAIA
Les représentants du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) au Tchad et au Soudan ont insisté, le 20 juillet, sur l'absence de solution pour les réfugiés dans toute la région et sur la détérioration dramatique des conditions de sécurité du personnel humanitaire sur place.
S'agissant de la situation au Tchad, Serge Malé a indiqué lors de cette conférence de presse au Siège des Nations Unies, à New York, que le pays connaissait trois situations distinctes, quoique toutes liées à celle qui prévaut actuellement au Darfour. Tout d'abord, près de 230 000 réfugiés en provenance du Darfour sont regroupés dans une douzaine de camps situés le long de la frontière avec le Soudan, qui s'étend sur 700 kilomètres. Ces réfugiés ont commencé à arriver sur place à partir de 2003, mais surtout en 2004. Pour l'heure, faute d’une solution au Darfour qui leur aurait permis de réintégrer leur région d’origine, le HCR ne voit pas de solution à leur problème. Dans l'attente d'un changement, ils demeurent sur le sol tchadien, où ils continuent de recevoir le soutien du gouvernement et du peuple tchadien, ainsi que de la communauté internationale.
La seconde situation - conséquence directe de la crise au Darfour - concerne le phénomène, observé depuis le début 2006, des personnes déplacées à l'intérieur du Tchad qui sont aujourd'hui au nombre de 170 000. Alors que plus d'une centaine de villages ont été rasés, le principal problème dans la région demeure la détérioration des conditions de sécurité, a expliqué le représentant du HCR. La recrudescence de la criminalité et l’impuissance des autorités tchadiennes à face aux attaques contre des travailleurs humanitaires, explique que celles-ci ont sollicité le déploiement d'une force internationale.
De plus, en raison de la régionalisation du conflit, le HCR doit également tenir compte de la situation de 45 000 réfugiés en provenance de République centrafricaine, installés dans le Sud du Tchad. Au regard de la précarité de la situation dans leur pays, ils continuent d'arriver en masse dans la région, ce qui rend leur retour problématique.
Décrivant la situation au Soudan, Chris Ache a, pour sa part, fait observer qu'outre le Darfour, le Soudan se découpait en quatre autres régions : le Sud, l'Est, l'Ouest et Khartoum, où étaient déployées différentes opérations humanitaires revêtant chacune une importance particulière pour la sécurité et le développement du pays, mais aux prises avec d’énormes défis logistiques engendrés par la saison des pluies.
- A lire : Léonard SCHRIK, «Crimes et vols se multiplient dans l'Est du pays, à la frontière avec le Darfour», Le Figaro, 20 juillet 2007.

Commentaires
La situation continue à être épouvantable dans cette région du monde sans que l’on trouve de solution rapide. Hier, les États-Unis ont appelé les responsables des groupes rebelles impliqués dans le conflit au Darfour à participer sans conditions aux pourparlers de paix prévus en Tanzanie au mois d’août. Une rencontre organisée conjointement par l'ONU et par l'Union africaine (UA) doit en effet avoir lieu à Arusha (Tanzanie), du 3 au 5 août prochains, pour permettre de fixer la date et le lieu pour des négociations entre gouvernement et rebelles non signataires d'un accord de paix conclu en mai 2006.
Les efforts pour mettre un terme au conflit, en relançant les négociations entre le gouvernement de Khartoum et les mouvements rebelles, semblent avoir pris une tournure favorable lors d'une conférence organisée la semaine dernière par l'ONU et l'UA à Tripoli. À la clôture de ses travaux, les participants - représentants de 18 pays et organisations internationales - ont annoncé l'organisation en Tanzanie d'une rencontre entre les envoyés spéciaux de la communauté internationale au Soudan et les chefs des mouvements rebelles.
De son côté, le Conseil de sécurité de l'ONU doit également se prononcer prochainement sur un projet de résolution autorisant le déploiement d'une force conjointe ONU/UA de plus de 20 000 militaires et policiers civils au Darfour.
Encore un nouvel accord politique en vue, encore une nouvelle résolution onusienne projetée... pour espérer – espérer seulement – parvenir à une cessation des massacres dans la région...
Dans un communiqué publié à Khartoum, le Représentant du PAM au Soudan, Kenro Oshidari, a dénoncé hier la grave augmentation des attaques contre le personnel humanitaire et les convois alimentaires au Darfour, qui porte un coup sévère à sa capacité de fournir l'assistance nécessaire à des millions de personnes affamées dans cette région du Soudan déchirée par les conflits.
Alors que 18 convois du PAM ont été victimes d'attaques armées cette année, dont 9 ces deux dernières semaines, « le personnel du PAM et les contractuels sont arrêtés, extirpés hors de leurs voitures et dévalisés, sous la menace des armes, de plus en plus fréquemment, ce qui est très préoccupant », a-t-il déclaré.
Le Darfour accueille la plus importante opération du PAM actuellement, avec 790 personnels qui nourrissent plus de 2 millions de personnes chaque mois. Le Programme charge également des compagnies commerciales de transport d'acheminer de la nourriture dans la région.
Toutefois, en raison des mauvaises conditions de sécurité, le PAM n'a pas été en mesure d'aider 170.000 personnes au mois de juin, ce qui constitue une évolution négative non négligeable puisque ce chiffre ne s'élevait qu'à 60.000 au mois de mars. Ces mauvaises conditions de sécurité sont devenues aujourd'hui la préoccupation numéro un du personnel humanitaire travaillant au Darfour.
Communiqué du PAM du 25 juillet 2007 : http://www.wfp.org/english/?ModuleI...