ACTU : Un air de déjà vu avec la démission de Rodrigo de Rato du FMI
Par Multipol le vendredi 6 juillet 2007, 01:42 - Développement / Environnement - Lien permanent
Catherine MAIA
Alors que tous les regards étaient tournés vers la Banque Mondiale qui a accueilli en début de semaine le successeur de Paul Wolfowitz, Robert Zoellick, personne ne s’attendait à un autre coup de théâtre à la tête des institutions financières internationales. Pourtant, c’est au tour du Fonds monétaire international d’être au cœur de la tourmente après l’annonce du départ de son poste de directeur par Rodrigo de Rato en octobre prochain, peu après les assemblées générales du Fonds. Entre une Banque Mondiale qui se remet difficilement d'un scandale de népotisme qui a entraîné la chute de son ex-président et des négociations au sein de l'Organisation mondiale du commerce qui sont bloquées depuis un an sur le dossier agricole, ce départ surprise est un nouveau coup dur pour les institutions internationales qui traversent une période de crise depuis le début de l'année 2007.
Avec deux ans d’avance sur son mandat, cette retraite anticipée n’est pas sans soulever quelques questions. Déjà en 2004, Horst Köhler avait pris de court tout le monde en rendant son tablier pour revêtir celui de Président de la République allemande. En 2007, Rodrigo de Rato se justifie : il part pour des «raisons personnelles», a-t-il annoncé dans un communiqué de presse. L’argument avancé selon lequel il souhaiterait se consacrer à sa vie familiale laisse cependant dubitatif bon nombre d’observateurs. À 58 ans, certains le voient d’ores et déjà embrasser à nouveau une carrière politique dans son pays d’origine. À quelques mois des élections générales de mars 2008, l’ancien ministre de l’Économie espagnol pourrait-il revenir au sein du Parti Populaire, qui lui même se trouve dans une situation difficile depuis la défaite de José Maria Aznar ?
Reste qu’au FMI, le poste ne pourra pas demeurer vacant longtemps. Selon une règle non écrite, c’est aux Européens que revient la responsabilité de désigner le nouveau directeur. D’où la question qui va rapidement se poser : qui désigner ? Parmi les successeurs potentiels figurent le Français Jean Lemierre, qui dirige actuellement la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd), le Polonais Leszek Balcerowicz, ancien gouverneur de la Banque centrale polonaise, et Mario Draghi, actuel gouverneur de la Banque d'Italie.
Pour l’heure, dans les hautes sphères de la diplomatie internationale, la question de la succession paraît encore prématurée. Le départ précipité de Rodrigo de Rato suscite l’incompréhension, car elle intervient au moment même où le FMI débutait une réflexion sur ses missions et sa structure. Du point de vue de ses missions, l’objectif pour le FMI est de se réapproprier un rôle de gendarme des taux de change – à la demande pressante des États-Unis, agacés par la sous-évaluation du yuan qui favorise les exportations chinoises et creuse leur déficit commercial –, nouveau rôle qui aurait pu être le point d’orgue de la mandature Rato. Du point de vue de sa structure, l’objectif est d’améliorer la représentativité des pays émergents, une réforme nécessaire suite au départ de plusieurs pays d’Amérique Latine, lassés de la tutelle encombrante du Fonds, le remboursement anticipé de leur dette ayant impliqué un gros manque à gagner en terme d’intérêts et, par conséquent, l’épuisement des réserves financières de l’institution de Bretton Woods.

Commentaires
Juste une petite réflexion à propos du yuan faible face au dollard, si les U.S.A. ne sont pas contents, ils n'ont qu'à demander à la FED, leur banque centrale nationale de baiser leurs taux d'intérêts,mais les américains ne savent que se plaindre la bouche pleine: leurs taux d'intérêts les handicapent sans doute sur le marché chinois, et il est vrai que nos "amis" de l'Empire des Célestes jouent un jeu de dupes, mais lorsque Boeing fait d'énormes commandes grâce à la faiblesse du dollard face à l'Euro, s'en plaignent-ils?
Diviser pour mieux régner. On pourrait résumer par cet adage la stratégie d’ouverture du Président Sarkozy, tout spécialement en matière diplomatique. Après Kouchner aux Affaires étrangères et européennes, le chef de l'État a fait savoir aujourd’hui son intention de soutenir la candidature de l'ancien ministre de l'économie de Lionel Jospin, Dominique Strauss-Kahn, à la direction générale du FMI. Ce poste étant traditionnellement occupé par un Européen, l'Élysée souhaiterait y placer un Français... et accessoirement priver le Parti socialiste d'un de ses leaders avant les élections municipales de mars 2008...
Selon un communiqué publié par le FMI, le poste de Directeur général ne serait pas, pour la première fois, attribué automatiquement à un Européen. "Toute les candidatures peuvent être posées, sans conditions de nationalité", précise ce communiqué. (http://www.imf.org/external/np/sec/...)
A l'heure actuelle, les candidatures européennes sont celles de Dominique Strauss-Khan et de l'ex Premier Ministre polonais, Marek Belka. On parle également du gouverneur de la Banque d'Angleterre, Mervyn King.
Les candidats non européens sont, pour l'instant, Trevor Manuel, Ministre des finances de l'Afrique du Sud, Arminio Fraga, ancien gouverneur de la Banque centrale du Brésil, Mohammed El-Erian, Président de Harvard Investment Management, et enfin, Stanley Fischer, Gouverneur de la Banque d'Israel.
à suivre...
Ce serait intéressant que cette vieille institution mourante change de directeur et puisse élire un ressortissant d'un pays émergent d'autant plus que les méthodes du FMI sont de plus en plus contestées et que ses plus gros clients se pressent à rembourser leurs dettes...L'ordre du monde est en train de changer, il faut donc en tenir compte pour le bien de tous.
Oui, à suivre.
Il me semble que Chirac avait soutenu le socialiste Pascal Lamy pour l'OMC et même le socialiste Kouchner pour briguer la direction de l'OMS même si ça n'a pas marché. Il n'y a rien de nouveau, seulement beaucoup de publicité.
Le Fonds Monétaire International a annoncé hier que Dominique Strauss-Kahn était à l’heure actuelle le seul postulant officiellement déclaré au poste de Directeur général de cette institution.
Les candidatures à la présidence du FMI sont ouvertes jusqu’au 31 août, mais il y a peu de chance qu’un quelconque compétiteur viennent tenter sa chance face à cette pointure nationale française (de gauche) soutenue par le Président Sarkosy (de droite)...
Le dépôt des candidatures à la direction générale du FMI est clos depuis le 1er septembre (minuit, heure de Washington). Seuls deux candidats se sont déclarés : le Français Dominique Strauss-Kahn, soutenu par l'UE, et l'ancien banquier central tchèque Josef Tosovsky, présenté par la Russie. Tous deux devraient être auditionnés début septembre avant l'élection du successeur de Rodrigo Rato, qui quitte son poste en octobre.
Cette clôture des candidatures intervient sur fond de polémique, des critiques entourant cette élection s'étant déployée ces dernières semaines sur deux plans.
Tout d’abord, les partisans de Josef Tosovsky ont vivement critiqué le candidat français. Le 25 août, le directeur exécutif du FMI pour la Russie, Alexei Mojine, indiquait au Financial Times qu’ «il n'y a rien dans le CV de Dominique Strauss-Kahn qui montre clairement qu'il a les qualités techniques pour accomplir ce travail».
Ensuite, c’est la répartition même des postes à la tête des institutions économiques mondiales qui a été au cœur des critiques. Traditionnellement, les Européens choisissent le directeur général du FMI et les États-Unis celui de la Banque mondiale, une méthode qui choque les dirigeants des pays émergents. Tel est le cas, par exemple, de Alpha Omar Konaré, le président de la Commission de l'Union africaine qui a récemment déclaré : «il y a des réformes profondes à apporter au sein de ces institutions et, bien sûr, en finir définitivement avec cette règle qui décide que tel poste est conservé par tel pays ou telle région parce que cela ne reflète pas l'état des forces aujourd'hui dans le monde».
A suivre...