ACTU : Après Casablanca, attentats meurtriers à Alger
Par Multipol le mercredi 11 avril 2007, 14:25 - Crises et conflits - Lien permanent
Catherine MAIA
Le bilan demeure encore incertain mais, selon les chiffres avancés par la Protection civile algérienne dans un communiqué de presse, au moins 17 personnes ont été tuées et 82 blessées dans deux attentats perpétrés quasi simultanément ce matin à Alger. Un attentat à la voiture piégée visant le Palais du gouvernement, une grande bâtisse de plusieurs étages dans le centre d'Alger, a fait 9 morts et 32 blessés. Une autre explosion, tout aussi puissante, s’est produite près du commissariat de police de Bab Ezzouar dans une zone fortement peuplée, en faisant 8 morts et 50 blessés, ainsi que des dégâts matériels importants, selon la même source.
Le chef du gouvernement algérien Abdelaziz Belkhadem a aussitôt déclaré à la radio algérienne qu’il s'agissait d'actes «criminels et lâches commis au moment où le peuple algérien demande la réconciliation nationale».
Selon la Charte sur la réconciliation nationale, entrée en vigueur en février 2007, les islamistes qui ont déposé leurs armes peuvent bénéficier d'une grâce présidentielle, à condition toutefois de ne pas être impliqués dans des meurtres, des sabotages et des actes de terrorisme. Conformément aux termes de ce texte, près de 2000 personnes ont été libérées tandis que 300 islamistes armés ont déposé leurs armes, pouvant ainsi bénéficier de la grâce présidentielle.
Alors qu'à l'Est du pays, l'armée mène depuis près d’une vingtaine de jours une vaste opération de ratissage en Kabylie, ces deux attentats surviennent cinq jours seulement après un dur accrochage entre l'armée et un groupe islamiste samedi 7 avril au soir à Ain Defla (Ouest d'Alger) au cours duquel 9 militaires ont été tués et au lendemain d'actions terroristes dans un quartier populaire de Casablanca, où trois kamikazes se sont fait exploser et un quatrième a été abattu avant d'actionner ses explosifs.
Les attentats de ce matin sont les premiers dans le centre d'Alger depuis plusieurs années. Force est de constater un regain de violence en Algérie depuis que le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), qui a récemment revendiqué de nombreux attentats dans ce pays, s'est rebaptisé en septembre dernier «Organisation d’Al Qaïda au Maghreb islamique», annonçant ainsi un renforcement de ses liens avec la nébuleuse islamiste internationale.

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Mardi 10 avril, trois hommes avaient déclenché leurs ceintures d'explosifs à Casablanca, tuant un policier et blessant 21 autres personnes. Un quatrième suspect avait été abattu par la police alors qu'il s'apprêtait à déclencher une bombe. Le lendemain, le ministre marocain de l'Intérieur Chakib Benmoussa avait annoncé que la police recherchait encore trois ou quatre membres de ce groupe.
Le répit aura été de courte durée puisque samedi 14 avril dans la matinée, c’est au tour de deux frères kamikazes de se faire sauter dans le centre de Casablanca, près d’un centre culturel américain, avant que la police marocaine n'arrête quelques heures plus tard trois suspects, dont l'un portait une ceinture d'explosifs, et ne découvre un autre engin de ce type près du lieu du double attentat-suicide. Les deux kamikazes sont morts et une femme a été blessée.
Vendredi 13 avril, le roi du Maroc Mohammed VI avait déclaré qu'il souhaitait une coopération de tous les pays du Maghreb pour lutter contre le terrorisme après les attentats perpétrés à Alger le 11 avril qui ont 33 morts selon un bilan définitif et les explosions survenues la veille à Casablanca.
Le même jour, le Conseil de sécurité avait fermement condamné les deux actes terroristes en Algérie. Dans une déclaration à la presse, le président du Conseil pour le mois d'avril, Sir Emyr Jones Parry du Royaume-Uni, a affirmé qu'«il faut traduire en justice les auteurs, organisateurs et commanditaires de ces actes de terrorisme inqualifiables et ceux qui les ont financés» et a demandé à tous les États, conformément aux obligations qui leur incombent en vertu du droit international et des résolutions 1373 (2001) et 1624 (2005), de «coopérer activement avec les autorités algériennes». La déclaration réaffirme que le terrorisme sous toutes ses formes et dans toutes ses manifestations constitue l'une des menaces les plus graves contre la paix et la sécurité internationales et que tout acte de terrorisme est un crime injustifiable, quels qu'en soient les motifs, le lieu et l'époque et l'auteur (http://www.un.org/News/fr-press/docs/2007/CS8995.doc.htm).
D’après le ministère de l’Intérieur marocain, ces nouveaux attentats représentent un acte suicidaire accompli en désespoir de cause après le coup de filet réussi ces dernières semaines par la police et la traque menée par les services de sécurité pour démanteler les cellules terroristes. Interrogé par l'Associated Press sur le double attentat-suicide perpétré hier, Mohamed Darif, spécialiste de l'islamisme à l'Université Mohammedia, estime que "ces réseaux veulent envoyer un message : qu'ils possèdent encore l'initiative de perpétrer des attentats et qu'ils peuvent choisir les endroits".
Le terrorisme islamiste trouve un échos au Maroc car une grande majorité de la population vit dans la pauvreté et que les terroristes sont issus des bidonvilles de Casa... Quand la bourgeoisie et le pouvoir marocains prendront en compte la misère du peuple et que les puissances internationnales condamneront aussi activement ces pays non démocratiques du Maghreb qu'elles condamnent Cuba ou d'autres, peut-être que la lutte contre le terrorisme aura un sens...
Ces lâches attentats perpétrés par les islamistes à l’instar de ce que faisaient d’ailleurs dans les années 60 de nombreux membres du FLN, sont odieux et inqualifiables…
Les forces de sécurité marocaines ont démantelé un réseau de recrutement opérant pour la branche nord-africaine de l'organisation terroriste internationale, Al-Qaïda, et arrêté 20 personnes dans plusieurs villes du pays, a annoncé une source gouvernementale hier à Rabat.