ACTU : Le Japon met un terme au moratoire de facto sur la peine de mort
Par Multipol le mardi 9 janvier 2007, 09:21 - Politique étrangère / Interculturel - Lien permanent
Catherine MAIA
Alors que nous avons célébré, il y a peu, les 25 ans de l’abolition de la peine de mort en France et qu’un projet de loi constitutionnel, dont l’article unique énonce «Nul ne peut être condamné à mort», devrait être adopté avant la fin du quinquennat du Président Jacques Chirac, c’est le jour de Noël qui, pour la grande majorité des Japonais de confession bouddhiste et shintoïste, n'est pas sacré, que Tokyo a choisi de mettre un terme au moratoire de facto sur la peine de mort qui était en vigueur depuis plus de quinze mois. Ainsi, quatre condamnés à mort pour meurtre, dont deux septuagénaires, ont-ils été pendus le 25 décembre 2006 au Japon, seul grand pays industrialisé avec les États-Unis à ne pas avoir aboli la peine capitale.
La plus grande opacité règne sur le sort des condamnés à mort japonais, situation que dénoncent régulièrement les organisations de défense des droits de l'Homme. Les condamnés eux-mêmes n'apprennent qu'au dernier moment la date de leur exécution et leurs familles ne sont pas averties. Comme il est d'usage également, les autorités ne divulguent pas publiquement les identités des condamnés ni les lieux d'exécution. Selon les médias nippons, les condamnés exécutés seraient Yoshimitsu Akiyama, 77 ans, Yoshio Fujinami, 75 ans, Michio Fukuoka, 64 ans, reconnu coupable du meurtre de trois personnes dont son beau-père et sa belle-soeur, et Hiroaki Hidaka, 44 ans, condamné pour l'assassinat d'une fillette et de trois femmes.
La dernière pendaison au Japon remontait à septembre 2005. Elle avait eu lieu quelques jours seulement avant l'entrée en fonctions du ministre de la justice Seiken Sugiura, un avocat fermement opposé à la peine capitale en raison de ses convictions bouddhistes. Les arrêts de mort devant, au Japon, être contresignés par le ministre de la justice, Seiken Sugiura s'était toujours refusé à apposer sa signature dans un pays pourtant majoritairement favorable à la peine de mort. Depuis l'arrivée de Shinzo Abe à la tête du gouvernement, c'est désormais un nouveau ministre de la justice, Jinen Nagase, qui a été mis en place, partisan quant à lui de la peine capitale.
Commentaires
Si je peux me permettre ces quelques petites précisions côté français...
Le Président Chirac a émis le souhait, lors de ses vœux du 3 janvier 2007, que la peine de mort soit interdite de façon définitive en toutes circonstances. Un projet de loi constitutionnel en ce sens a été transmis pour avis au Conseil d’État et devrait être présenté en Conseil des ministres le 24 janvier avant d’être adopté par le Parlement réuni en Congrès à Versailles comme le prévoit l’article 89 de la Constitution française. Ce texte a cependant une valeur essentiellement symbolique dans la mesure où l’abolition de la peine de mort est inscrite dans la loi du 9 octobre 1981 et dans le protocole n°13 de la Convention européenne des droits de l’Homme que la France a ratifié en octobre 2005. En revanche, il permettra la ratification du Protocole n°2 de New York, adopté en 1989, cette ratification ayant été jugée par le Conseil constitutionnel comme inconstitutionnelle car engageant « les conditions essentielles de la souveraineté ».
D'après le média japonais en japonais, le 25 décembre 2006, il y avait quatre éxecutions de la peine capitale qui est la première fois depuis le nouveau cabinet de M. Abe et qui est depuis "un an et trois mois".
Depuis les années 90, le Japon a recommencé la politique qui admet la peine à mort.