ACTU : Débat sur la protection des enfants dans les conflits armés au Conseil de sécurité
Par Multipol le mercredi 29 novembre 2006, 00:59 - Droits de l'Homme / Droit humanitaire - Lien permanent
Catherine MAIA
Tandis que l’on estime à environ 250 000 le nombre d’enfants dans le monde qui continuent d'être enrôlés de force comme combattants, le Conseil de sécurité a tenu, le 28 novembre, un débat public sur la protection des enfants dans les conflits armés sur la base du sixième rapport du Secrétaire général sur cette question.
En ouverture du débat, le Secrétaire général des Nations Unies a rappelé que ces dernières années ont été marquées par l’élaboration de normes juridiques internationales de protection des enfants, notamment le Statut de Rome de la Cour pénale internationale qui qualifie de crime de guerre et de crime contre l'humanité le fait d'enrôler des enfants dans les forces combattantes, mais aussi le Protocole facultatif à la Convention relative aux droits de l'enfant qui fixe à 18 ans l'âge minimum de participation à des hostilités. Il a également salué l'adoption de la résolution 1612 (2005) qui a permis de créer un Groupe de travail se réunissant tous les deux mois pour examiner les situations les plus préoccupantes, ainsi qu’un mécanisme de surveillance, désormais en place dans sept pays, visant à signaler les violations graves. Les poursuites actuellement entamées par la CPI contre Thomas Lubanga et Charles Taylor ou encore la signature d'accords de paix, notamment au Burundi et en Côte d'Ivoire, qui prévoient des dispositions spéciales pour les enfants acteurs ou victimes des conflits sont des signes encourageants, même si le processus de suivi encore extrêmement sélectif exige un élargissement à l'ensemble des pays où les enfants et les adolescents sont menacés par les hostilités armées.
À l'issue de ce débat public, le Conseil de sécurité a adopté une déclaration présidentielle dans laquelle il condamne de nouveau le recrutement des enfants dans les conflits armés, les meurtres et les mutilations, les viols, les enlèvements, le refus de laisser les enfants bénéficier de l'aide humanitaire et les attaques visant des écoles et des hôpitaux.
Jusqu'à présent, le Conseil de sécurité a adopté 6 résolutions sur la question des enfants dans les conflits armés : les résolutions 1261 (1999), 1314 (2000), 1379 (2001), 1460 (2003), 1539 (2004) et 1612 (2005).
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Le procès pour crimes de guerre de Charles Taylor, ex-président libérien accusé de soutien aux rebelles de Sierra Leone dans les années 1990, débute ce lundi devant une chambre du Tribunal spécial pour la Sierra Leone (TSSL) siégeant à La Haye pour des raisons de sécurité.
Charles Taylor, âgé aujourd'hui de 59 ans, est le premier chef d'Etat africain jugé par un tribunal international. Il doit répondre de 11 chefs d'inculpation de crimes de guerre et crimes contre l'humanité.
Selon l'acte d'accusation, il contrôlait des rebelles en Sierra Leone qui ont tué et mutilé des civils, contraint des femmes à l'esclavage sexuel et recruté ou forcé des enfants à s'enrôler comme combattants. L'accusé est considéré comme la figure centrale dans les guerres civiles qui ont ravagé le Libéria et la Sierra Leone entre 1989 et 2003 et fait près de 400 000 morts. Il a plaidé non coupable.
Procès à suivre de près, car il pourrait être un tournant important dans la lutte contre l'impunité en Afrique...