Catherine MAIA

Dans le volume 110 de la Revue générale de droit international (RGDIP, octobre 2006), on remarque un article au titre volontairement provocateur : « De l’absurdité du droit impératif (jus cogens) ». L’auteur, Michael J. Glennon, Professeur de droit international à la Fletcher School of Law & Diplomacy et à l’Université de Tufts (Medford, Massachusetts), cherche à démontrer que le concept de normes impératives ne serait pas juridiquement fondé.

Plusieurs approximations sont néanmoins à relever. Tout d’abord, le jus cogens ne se confond ni avec le droit naturel, ni avec la moralité. Ensuite, la jurisprudence internationale s’est considérablement enrichie pour reconnaître aujourd’hui l’existence de plusieurs normes impératives. Par ailleurs, la déduction de la non-universalité du droit impératif du seul fait de la non-ratification par la totalité des États de la Convention de Vienne sur le droit des traités de 1969 est révélatrice d’une vision du droit international qui occulte complètement le rôle de la coutume. Enfin, s’appuyer sur l’action de l’OTAN au Kosovo pour nier l’impérativité de la prohibition du recours à la force manifeste une confusion entre les notions de dérogation et de violation.