"Nous, Prix Nobel de la paix, savons que le principe essentiel d'un traité international sur le commerce des armes est simple et incontournable : aucune arme ne devrait faire l'objet d'une transaction si elle doit être utilisée pour commettre de sérieuses violations des droits de l''homme", a déclaré Irene Khan, secrétaire générale d'Amnesty International, qui soutient le projet. "C'est l'heure de vérité à l'ONU : les gouvernements doivent prendre la décision historique de stopper les transactions irresponsables et immorales sur les armes en votant en faveur de l'élaboration d'un traité qui empêchera la mort, le déplacement forcé et le viol de milliers de personnes", a-t-elle ajouté.

Le projet, coparrainé par l'Argentine, l'Australie, le Costa Rica, la Finlande, la Grande-Bretagne, le Japon et le Kenya, a été mis au vote jeudi 26 octobre à la première Commission de l'Assemblée générale de l'ONU qui s'occupe des questions de désarmement et de la sécurité internationale. Soutenu par 139 pays - seuls les Etats-Unis ont voté contre -, ce texte a ainsi débouché sur l’adoption d’une résolution de ladite Commission pour contrôler les ventes d'armes dans le monde, laissant augurer l'élaboration d'un futur traité visant à renforcer la législation actuelle, très laxiste, sur le contrôle du commerce des armes dans le monde.

Coïncidence du calendrier, le ministère français de la défense a rendu public, mercredi 25 octobre, son rapport annuel sur les exportations d'armes. Celui-ci montre que la France a confirmé, pour l'année 2005, sa place de 3e exportateur mondial d'armements, loin derrière les Etats-Unis, mais proche du Royaume-Uni et suivie de peu par la Russie, avec des ventes qui ont atteint 4,11 milliards d'euros. Le rapport souligne que le volume mondial des transferts d'armements se situe depuis une dizaine d'années à un niveau moyen annuel d'environ 45 milliards à 55 milliards d'euros. Dans ce marché où règne une très forte concurrence, les Etats-Unis (55 % à 60 %) et l'Union européenne (25 % à 30 %) totalisent à eux-seuls près de 80 % des exportations mondiales.