Michel ROGALSKI
Il y eut un instant, comme un battement de paupières dans la déjà longue
histoire humaine, où tout parut résolu et donc possible. L’ours polaire
terrassé et son antre ouvert au vent, l’or noir du Moyen-Orient assuré pour des
lustres, les principaux obstacles étaient levés, l’histoire s’accomplissait
dans le triomphe de la puissance « hors de pair » et dans la
mondialisation du marché dont elle était la force propulsive. Immanquablement,
et en dépit de grains inévitables, le flot du bien-être soulèverait toutes les
embarcations, assurant la paix universelle. S’en souvient-on encore de façon un
tant soit peu précise, après une décennie d’interventions armées et alors
qu’une crise économique sans équivalent depuis trois quarts de siècle obscurcit
les perspectives ? Aussi paraît-il opportun, au moment où s’ouvre une
année électorale aux États-Unis, de faire un point sur l’état de l’empire
américain et de ses rêves de monarchie universelle.
Patrice JORLAND, «L’empire dans les remous d’un monde en mouvement»
(extrait de la Présentation)