Catherine MAIA
Comment avez-vous réagi devant la situation libyenne avant
l'intervention militaire alliée ? Selon vous, la nature de la répression
du régime du colonel Kadhafi contre les insurgés justifiait-elle cette guerre
?
Rony Brauman : Face à la menace d'un écrasement du
soulèvement de Benghazi, j'ai d'abord eu une réaction de stupeur et
d'angoisse : oui, il fallait contrer une offensive blindée de Kadhafi.
Bien que je me méfie de l'engrenage qu'enclenche fatalement un engagement
militaire, la crainte de voir des flots de sang dans les rues de Benghazi l'a
emporté. Dans ce contexte, une intervention limitée à la protection de la ville
était justifiable. Je n'ai pas tardé à changer d'avis en m'apercevant que les
menaces dont il était question relevaient de la propagande, et non de réalités
observables.